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Un panneau de légendes sur la passe Hāva’e (Hiro’a n°166 - Août 2021)

RENCONTRE AVEC ANATAUARII LEAL-TAMARII, ARCHÉOLOGUE, RESPONSABLE DE LA CELLULE PATRIMOINE CULTUREL AU SEIN DE LA DIRECTION DE LA CULTURE ET DU PATRIMOINE...

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Dans le cadre d’un projet de mise en valeur culturelle et patrimoniale des sites archéologiques, historiques et légendaires de la Polynésie française, la Direction de la culture et du patrimoine (DCP) a lancé un vaste programme de signalétique culturelle. Parmi les panneaux d’information installés, se trouve celui de la passe Hāva’e de Teahupo’o.

La DCP privilégie l’installation de panneaux sur les sites à fort intérêt culturel. Au-delà d’être de simples supports d’orientation, ces panneaux se veulent de véritables atouts de communication, permettant à tout un chacun de mieux appréhender l’espace dans lequel il se trouve et les spécificités historiques, culturelles, environnementales et géographiques du lieu.

C’est ainsi qu’un panneau légendaire, agrémenté de clichés et d’illustrations, a été installé à Teahupo’o, face à la passe Hāva’e.

Dans le cadre des Jeux Olympiques de 2024, le comité d’organisation de Paris 2024 a porté son choix sur la célèbre vague de Teahupo’o. Considérée comme l’une des vagues les plus dangereuses au monde, elle accueille depuis 1997 l’élite mondiale du surf. Ce choix, largement approuvé par la communauté internationale de surfeurs, entérine davantage la notoriété de Teahupo’o, en propulsant cette vague au premier plan de la plus grande compétition sportive au monde.

Si cette renommée mondiale est aujourd’hui inscrite dans la conscience collective, elle l’était déjà autrefois. En effet, la passe Hāva’e fut le théâtre d’une prouesse
technique, empreinte de courage, inscrite dans la tradition orale de Teahupo’o. Le récit traditionnel indique qu’un jour, une jeune femme du nom de Vehiatua-i-te- mata’i dompta Pererūrē, le nom qu’attribuaient les habitants de Matahihae (nom traditionel du district) à cette vague destructrice. Ce nom fait allusion aux colères de Pere, la déesse des volcans, autrefois révérée dans la presqu’île de Taiarapu et qui pouvait déchaîner les éléments.

La tradition orale conclut en précisant que Te-iha-moe-roa, ari’i de Matahihae au moment des faits, furieux et jaloux que cette jeune femme puisse être admirée par sa propre population, prit la décision de s’approprier son nom. C’est ainsi que les lignées de ari’i de la presqu’île portèrent ensuite le titre de Vehiatua-i-te-mata’i.

Ainsi, la pose d’un panneau culturel trilingue (tahitien, français et anglais) mettant à l’honneur Pererūrē, offre aujourd’hui l’occasion de valoriser ces récits et histoires bien souvent méconnus.

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