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Le patrimoine culturel immatériel polynésien en 3 questions (Hiro’a n° 3 - Novembre 2007)



Le patrimoine culturel immatériel polynésien en 3 questions

Rencontre avec Jean-Daniel Devatine, doctorant en ethnologie, CVD* dans la cellule Ethnologie et traditions orales du Service de la Culture et du Patrimoine.

Patrimoine mobilier, immobilier, naturel, culturel, matériel, immatériel…Tout un charabia ? Non, des notions bien distinctes. Après une présentation du patrimoine matériel puis historique dans les Hiro’a n°1 et 2, voici quelques pistes pour aborder le patrimoine immatériel.

Qu’est ce que le patrimoine immatériel ?

Le patrimoine culturel immatériel, c’est tout ce qui peut se transmettre d’une génération à l’autre sous n’importe quelle forme : orale, écrite, filmée, enregistrée, bâtie et qui concerne la langue, les modes d’expressions, les savoirs, les savoir-faire d’une communauté.

On peut l’organiser en 3 grandes parties :

- Le patrimoine immatériel traditionnel. Il comprend par exemple les langues, les légendes, les chants, les noms, les connaissances sur la pêche, l’agriculture, le tatouage, le tressage, la danse, etc…

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Tutana en pleine transmission des savoirs traditionnels © SCP 2008

- Le patrimoine matériel. Il concerne notamment les objets, habitations, sites culturels dont certains sont aujourd’hui reconnus comme sites naturels, monuments historiques… Ils portent un nom, ont une histoire et nécessitent des connaissances et des savoirs pour leur réalisation. Les animaux et les plantes y sont associés.

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Anapua © SCP 2009

- Enfin, le patrimoine immatériel contemporain. Il englobe entre autres le cinéma, la photographie, le hip hop, les concerts, le théâtre moderne, etc…

Pourquoi est-ce si important de le sauvegarder ?

Bien qu’aucun patrimoine ne soit transmis intact d’une génération à l’autre sans qu’interviennent des changements, il donne à une communauté un sentiment de continuité, d’appartenance à une identité plus ancienne.
Préserver le patrimoine est un facteur d’équilibre pour une société car c’est ce qui nous enracine dans une culture, une histoire.
Le transmettre, c’est permettre à une population de continuer à vivre avec ses valeurs, les enseignements tirés du passé.
Le patrimoine est plus largement un facteur vecteur incontournable de développement culturel, social et économique.

Comment s’y prendre pour le conserver ?

Nous sommes tous concernés. Chacun peut y participer à son niveau et en voici quelques moyens :
S’intéresser à son entourage, son environnement, identifier des personnes ressources pour apprendre d’elles (chant, généalogie, recette de cuisines, comptines, proverbes, tressage, couture, pêche, agriculture, mécanique…).
Participer aux réunions familiales, de quartier, communautaires, associatives comme les anniversaires, décès, baptêmes, mariages, chants, danses, etc. C’est lors de rassemblements que le patrimoine est le plus facile à observer : discours, protocole, organisation du travail, valeurs, etc...
Respecter tout patrimoine et les sites culturels.
S’intéresser à son environnement, apprendre les noms des lieux de son district, apprendre à reconnaître les plantes, connaître leur nom, leur utilité…
D’une certaine manière, il s’agit de porter un regard respectueux sur ceux qui nous ont précédés, ceux qui nous entourent, pour ceux qui nous survivront.

- Près de 3000 heures d’enregistrement !

Dans le cadre de sa mission de collecte du patrimoine immatériel (sous forme d’entrevues, interview…), le SCP dispose d’un fonds important :
- 1250 heures d’enregistrement sur cassettes.
- 1700 heures d’enregistrement sur CD.
- De nombreuses bandes lisses et des vinyles.
En tout, sur la totalité de ces enregistrements, 326 heures ont été numérisées depuis 1999.

- Le patrimoine culturel immatériel polynésien en 3 questions (à télécharger)