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Rencontre à la vallée de Hapatoni (Hiro’a n°154 - Août 2020)

En 2017, à l’occasion d’une expédition sur les Marquises à laquelle est convié Alexander Lee, artiste polynésien, une cheffe de chorale leur fait (re)découvrir des chants traditionnels : les tani...

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En 2017, à l’occasion d’une expédition sur les Marquises à laquelle est convié Alexander Lee, artiste polynésien, une cheffe de chorale leur fait (re)découvrir des chants traditionnels : les tani. De cette rencontre, découlera un disque qui contribue, à sa façon, à conserver et diffuser cette expression artistique ancestrale.

Pour ses cinquante ans, une mécène autrichienne, Francesca Von Habsburg, affrète un bateau, le dardanella, et invite plusieurs artistes à mettre le cap sur les Marquises, car l’archiduchesse est aussi collectionneuse et amatrice d’art. L’artiste polynésien Alexander Lee de Tahiti qui parle français, anglais et portugais, est heureux de compter parmi les membres de l’expédition – scientifiques, chercheurs, artistes contemporains – et d’approcher la petite communauté de Hapatoni, à Tahuata, en janvier 2017. Leur mission est d’observer l’impact des humains sur l’océan.

Alexander raconte qu’à Hapatoni, les passagers du dardanella, guidés par Teuiatua Léone Tauhiro – académicienne de l’île et cheffe de chorale – sont touchés par la belle vallée, la petite chapelle, le marae, les pétroglyphes, l’artisanat local mais aussi par l’expression artistique ancestrale des tani (chants). Parmi eux, Markus Reymann, directeur de l’Académie TBA21, du département de la recherche de la Fondation Thyssen-Bornemisza d’Art Contemporain, offre à Teuiatua d’enregistrer et produire une maquette de CD éditée aux États-Unis et dont la pochette et le livret avec les paroles sont conçus par Alexander.

Ce disque, Te Tanieka o Taiuoho (« Les chants mélodieux de la tribu Taiuoho »), reprend des chants composés par les parents des chanteurs. Il compte deux tani, complaintes d’inspiration traditionnelle, comme on en chantait jadis après le départ ou la mort d’un être cher, ou par manque d’un pays natal laissé derrière soi. Les paroles des six autres tani aux mélodies néanmoins anciennes sont d’inspiration chrétienne. Sept personnes environ participent à la chorale. La culture et les traditions marquisiennes retrouvent un souffle aujourd’hui et des chants en langue marquisienne sont composés, parfois même improvisés, lors d’événements ou célébrations culturelles. ◆

Encadré

L’artiste Alexander Lee

Né en 1974 en Californie de parents vivant à Mahina, il est sculpteur, peintre, plasticien. Sur la pochette du CD, il met à l’honneur un pétroglyphe anthropomorphe de Hapatoni. Il a orné les murs d’une grande galerie en y appliquant des empreintes colorées de feuilles de ’uru créant des ambiances de lagon ou de terre et de feu, de bombe atomique en gris. Des artistes futuristes y ont accroché leurs œuvres.

Alexander avait été averti que son œuvre serait éphémère, aussi la DCP souhaite-t-elle partager, avec vous, des photos de ses œuvres et vous invite à suivre le lien www.alexanderleestudio.com.

À la fin de l’exposition, tous les murs ont été repeints en blanc.

Alexander a exposé à New York, Singapour, Los Angeles, San Diego, Tourcoing, Vienne, Antwerp, Honolulu, São Paulo, Hydra, Modena, Paris, Las Vegas, Berlin. Il a donné des conférences à Fontainebleau en 2017, à Tahiti en 2011 et 2016, à Hamilton (Nouvelle-Zélande) en 2016, à New York en 2008 et 2015, à Auckland en 2015, à San Diego en 2009 et Pasadena en 2008.

- Rencontre à la vallée de Hapatoni (Hiro’a n°154 - Août 2020) (à télécharger)]