Accueil > Français > Articles parus dans le magazine culturel Hiro’a > Articles parus dans le Hiro’a > Les livres d’une autre époque (Hiro’a n° 149 - Février 2020)

Les livres d’une autre époque (Hiro’a n° 149 - Février 2020)

La cellule du patrimoine culturel de la Direction de la culture et du patrimoine (DCP) recueille les données matérielles et immatérielles qui contribuent à sauvegarder et mettre en valeur le patrimoine culturel polynésien...

-->


La cellule du patrimoine culturel de la Direction de la culture et du patrimoine (DCP) recueille les données matérielles et immatérielles qui contribuent à sauvegarder et mettre en valeur le patrimoine culturel polynésien : l’histoire des Polynésiens, les savoirs, les savoir-faire, transmis par la tradition orale ou par les écrits.

our un agent de la Direction de la culture et du patrimoine, l’enquête de terrain est toujours précédée d’une recherche bibliographique. La lecture et la constitution de fiches de lecture est un travail de longue haleine, parfois fastidieux, mais toutefois indispensable pour plus d’efficacité lors des interviews des personnes sources.

En tant que Polynésienne, je me garde bien sûr d’adhérer à ou de condamner la position de l’auteur (le plus souvent occidental) qui nous relate les faits et impressions d’une autre époque. Un missionnaire dépeindra avec son prisme de la morale chrétienne, ayant tendance à juger la nudité et la liberté sexuelle polynésiennes comme condamnables, un fonctionnaire agira avec son prisme d’organisation administrative et de réglementations rigides qui sont mal perçues ou incomprises des autochtones, un colon ou une personnalité occidentale de passage pensera avec son prisme de conquérant qui veut changer le pays, le peuple, les coutumes, l’alimentation, le code vestimentaire, la façon de penser, la langue.

Un peuple, une langue, des pays polynésiens

Il est particulièrement impressionnant, au cours de mes lectures, de croiser les recherches sur la culture polynésienne dans les divers îles et pays du Pacifique (Tonga, Fiji, Samoa, Hawaii, Nouvelle-Zélande, Rapa nui, Polynésie française) et de trouver un socle commun bien ancré chez les Polynésiens. La tradition orale, rapportée par certains écrits, perpétue une histoire ancienne qui, même si elle manque de dates, rattache toutes les îles du moana nui ā hiva, parfois si éloignées géographiquement. Les légendes, les coutumes, la cosmogonie, les toponymes, les valeurs, la langue établissent ce hono, ce lien.

La DCP est le lieu où nous invitons les Polynésiens à confier leur puta tupuna (livres des anciens Polynésiens) ou recueils divers, car nous en ferons une étude et une mise en valeur de la culture polynésienne ancienne.

LA SEO ET LE SPAA,
DES SOURCES PRÉCIEUSES

La Société des études océaniennes (SEO) est connue pour ses publications, mais elle regorge aussi de livres rares qui décrivent une Polynésie d’il y a cent ans et plus. Il est possible de les consulter sur place le matin, du lundi au vendredi, sous réserve de passer commande du livre la veille. Le SPAA héberge la SEO à Tipaerui.

Le SPAA, qui possède aussi de très nombreux ouvrages et iconographies, est parfois assailli par les demandes de recherches généalogiques, notamment des visiteurs espérant résoudre des affaires de terre souvent inextricables. La DCP doit parfois y effectuer des recherches sur les tōmite (qui existent aussi à la DAF) dont le nom tahitien est bien plus parlant que les numéros de cadastre moderne et ce, afin de mettre en valeur des sites culturels.

PRATIQUE

• Les fiches de lecture et les notes de terrain permettent d’alimenter une base de données ethnologiques nécessaire au travail en interne, mais aussi destinée à renseigner le grand public qui peut les consulter sur place en salle de documentation ou sur le site Internet www-culture-patrimoine.pf.
• DCP – Pointe des Pêcheurs
• Tél. : 40 507 177
• direction@culture.gov.pf

- **Les livres d’une autre époque (Hiro’a n° 149 - Février 2020) (à télécharger)