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Eiao : le riche travail de Michel Charleux la DCP (Hiro’a n°136/137 - Janvier/Février2019)

En 2010, Michel Charleux, archéologue, effectue deux missions sur l’île d’Eiao aux Marquises au cours desquelles seront réalisées de nombreuses découvertes. Décédé en octobre dernier, ce passionné de la Polynésie avait décidé de confier son travail à la Direction de la culture et du patrimoine...

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SOURCES HIRO’A N°40, SITE INTERNET DE LA DIRECTION DE LA CULTURE ET DU PATRIMOINE TEXTE : SULIANE FAVENNEC

En 2010, Michel Charleux, archéologue, effectue deux missions sur l’île d’Eiao aux Marquises au cours desquelles seront réalisées de nombreuses découvertes. Décédé en octobre dernier, ce passionné de la Polynésie avait décidé de confier son travail à la Direction de la culture et du patrimoine. C’est désormais chose faite...

Michel Charleux était un amoureux de la Polynésie française. Archéologue passionné, il a mené diverses missions à Eiao, île inhabitée des Marquises. La première remonte à 1987 mais il y retournera plusieurs fois en 2007 et 2010. « Je savais l’île riche, quasiment inexplorée et... personne ne voulait y aller. L’idée de travailler sur une île aussi difficile me plaisait », confiait-il dans le Hiro’a n°40 de janvier 2011.

À l’époque, l’archéologue venait d’accomplir ses plus importantes missions sur cette île située à 1 400 km de Papeete.

En mai et septembre 2010, ce spécialiste et son équipe menèrent diverses opérations de fouilles sur l’île et firent de nombreuses découvertes. « à l’époque pré-européenne (avant le XVIIIe siècle), eiao était un important centre de fabrication d’outillages – herminettes, penu, perçoirs, grattoirs, etc. – du fait de l’excellente qualité de son basalte à grain fin. Par ailleurs, il faut savoir que chaque volcan émet des laves dont la composition unique chimique constitue une véritable signature. Les travaux de Weisler, rolett et di Piazza ont permis de découvrir que des outils fabriqués à eiao avaient été exportés dans toutes les Marquises, et aussi loin que Moorea, Mangareva et même kiribati, à plus de 2 500 km de eiao !  »

Durant cette mission, soutenue en grande partie par la DCP et l’université de Polynésie française (UPF), l’archéologue a recensé de nouveaux paepae, des pavages et des ateliers de taille. Il mettra également à jour une fosse de déjections et rapportera plus de 25 000 éclats.

Un précieux travail

Une vingtaine de sites construits ont ainsi été débroussaillés, nettoyés, cartographiés et photographiés. Plusieurs autres, nouveaux, ont également été découverts dont un de 1000 m2 et deux de 700 m2. Durant ces opérations de nombreux restes d’outils ont été géopositionnés par GPS ou sur les sites puis collectés.

Ébauches et fragments d’herminettes, d’éclats retouchés, de pièces originales de nature inconnue... autant d’éléments qui doivent encore être analysés afin de déterminer la typologie et la datation de l’outillage.

Malheureusement, Michel Charleux ne sera plus là pour découvrir les résultats ; l’homme nous a quittés en octobre 2018 à l’âge de soixante-treize ans.

Avant son décès, l’archéologue avait néanmoins fait part de son souhait de confier ses découvertes à la Direction de la culture et du patrimoine. Aujourd’hui, c’est chose faite...

Avec l’autorisation de de sa famille, la collection lithique d’Eiao et les nombreuses notes a désormais rejoint la DCP. Grâce à la générosité et l’inestimable travail de cet homme, qui a dédié sa vie à ses recherches archéologiques sur les terres polynésiennes, les fonds sur l’île d’Eiao vont considérablement s’enrichir et permettre de renouveler l’état actuel de nos connaissances sur cette île.

De son vivant, Michel Charleux avait également partagé son souhait de faire inscrire l’île au patrimoine mondial de l’Unesco. « Eiao présente toujours un grand intérêt archéologique et une valeur patrimoniale et régionale unique, déclarait-il en 2011 au magazine Hiro’a, c’est pourquoi je pense sincèrement que l’île devrait faire l’objet d’un classement au patrimoine mondial de l’unesco. »

Un vœu qui, peut-être un jour, sera exaucé...

Toutes les notes de Michel Charleux n’ont pas encore fait l’objet d’un tri particulier. La DCP dispose d’une cinquantaine de contenants (bacs, cartons et boîtes en plastique) dans lesquels sont entreposés divers objets. Une prestation vient d’être réalisée afin d’établir un premier inventaire de ces contenants.

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