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Coopération fructueuse avec la National Library of Australia (Hiro’a n°135 - Décembre 2018)

Deux cent cinquante ans après le premier voyage du capitaine Cook dans le Pacifique, plusieurs institutions partent sur ses traces, comme la Royal Academy of Arts avec l’exposition Oceania...

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RENCONTRE AVEC NATEA MONTILLIER TETUANUI, ETHNOLINGUISTE À LA DIRECTION DE LA CULTURE ET DU PATRIMOINE. TEXTE : ÉLODIE LARGENTON

Deux cent cinquante ans après le premier voyage du capitaine Cook dans le Pacifique, plusieurs institutions partent sur ses traces, comme la Royal Academy of Arts avec l’exposition Oceania, mais aussi la National Library of Australia, qui a tenu à consulter les peuples autochtones à cette occasion. Pour les œuvres originaires de Tahiti et des Marquises, la bibliothèque australienne s’est tournée vers la Direction de la culture et du patrimoine.

« C’est une démarche louable, ils auraient pu se contenter d’emprunter des objets à la Nouvelle-Zélande et au Royaume-Uni sans consulter les pays et territoires d’où ces œuvres sont originaires », salue Natea Montillier Tetuanui, ethnolinguiste à la Direction de la culture et du patrimoine.

Pour son exposition Cook and the Pacific, visible actuellement à Canberra, la Bibliothèque nationale australienne (NLA) a en effet décidé de consulter les peuples autochtones des différentes terres visitées par James Cook. Natea Montillier Tetuanui a ainsi été contactée en février 2018 par Martin Woods, anthropologue de la NLA, conservateur des cartes et assistant conservateur de l’exposition dédiée à Cook.

Des visioconférences ont ensuite été organisées avec Susannah Helman, directrice de projet et assistant conservateur de l’exposition et Hollie Gill, la commissaire de projet de l’exposition.

Comme le rappelle l’ethnolinguiste, « l’une des missions de la DCP est le partage et la diffusion de données ethnographiques pour la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine culturel polynésien  », et c’est donc avec enthousiasme que le partenariat a été accueilli à Tahiti.

Connaître le ressenti des peuples autochtones

La NLA voulait connaître « le ressenti des gens sur ces objets, s’ils sont toujours fabri- qués, ce qu’on pense du capitaine Cook et de Tupaia, ce que l’on retient de la ari’i nui Purea...  », explique Natea Montillier Tetuanui. Les commissaires de l’exposition ont aussi demandé à la DCP comment ces objets polynésiens sont mis en scène au fenua et comment ils sont accrochés.

Des fiches et des textes ont été rédigés par la DCP et figurent auprès des cartels présen- tant les œuvres.

Deux autres agents de la DCP, James Tuera et Lora Teiva, tous deux locuteurs de tahitien, ont prêté leur voix pour prononcer trente mots en tahitien – des mots relevés par Sydney Parkinson, le botaniste de Cook. Leurs voix résonnent aujourd’hui dans les salles d’exposition.

Ce partenariat n’est pas à sens unique, il s’avère « très intéressant pour nous », souligne Natea Montillier Tetuanui. La NLA met à disposition de la DCP des fichiers numériques, consultables en ligne.

Il y a, notamment, des cartes tahitiennes et des travaux sur les langues de toute la région Pacifique. « C’est agréable pour nous qui faisons des recherches. On cherche souvent un mot en futunien ou en samoan, et disposer de dictionnaires numériques nous sera très utile », se félicite la linguiste.

Pour Natea Montillier Tetuanui, cette collaboration « pourrait présager d’une ouverture internationale d’échanges, de rencontres et de collaborations favorisant une meilleure connaissance de l’Océanie ». ◆

PRATIQUE
Exposition “Cook and the Pacific”
􏰀Jusqu’au 10 février 2019
􏰀National Library of Australia, Canberra 􏰀 www.nla.gov.au/cook-and-the-pacific

- Coopération fructueuse avec la National Library of Australia (Hiro’a n°135 - Décembre 2018) (à télécharger)