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1985 : Henri Hiro et Pāpi Paimore, maîtres d’une grande cérémonie (Hiro’a n°135 - Décembre 2018)

Quelques semaines après l’inscription du paysage culturel Taputapuātea sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco, le 24 septembre 2017, Polynésie la 1ère rediffusait le film tourné par le journaliste Ahiti Roomataaroa en septembre 1985...

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RENCONTRE AVEC FRANCIS STEIN, RESPONSABLE DE LA CELLULE DES MÉDIAS CULTURELS ET DE LA COMMUNICATION ET CHARGÉ DE MISSION À LA DIRECTION DE LA CULTURE ET DU PATRIMOINE. TEXTE : ÉLODIE LARGENTON

« (...) Des centaines de locaux, d’invités et de personnalités du monde de la culture se sont retrouvés sur le marae Taputapuātea, le 3 septembre 1985, pour célébrer l’unité entre les îles Sous-le-Vent et rappeler l’intronisation d’un roi. Une grande cérémonie menée notamment par Henri Hiro et Pāpā Paimore. Grâce au film du journaliste Ahiti Roomataaroa, nous replongeons au cœur de cet événement. »

Quelques semaines après l’inscription du paysage culturel Taputapuātea sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco, le 24 septembre 2017, Polynésie la 1ère rediffusait le film tourné par le journaliste Ahiti Roomataaroa en septembre 1985. « Toute l’île de Ra’iātea s’est donné rendez- vous ici  », note le reporter. Des centaines de personnes, dont les hautes autorités du pays et les membres de l’assemblée territoriale emmenés par Maiarii Pupure, sont en effet réunies pour un grand moment culturel. « Toute la descendance de Ra’iātea vous accueille, vous mon frère, en ce jour d’intronisation sur ce marae qui est notre mère à tous. Elle nous a enfantés, nous sommes donc du même sang. Nous sommes les jumeaux coulés dans le même moule », énonce l’un des maîtres de cérémonie, qui souhaite « voir resurgir les traditions disparues ». Une pierre, qui avait été déplacée à Tahiti, retrouve sa place au sein du marae. « À l’avènement de la religion chrétienne et d’un nouveau Dieu plus puissant, nos pierres taillées se mirent à pleurer. Voici l’image du passage à cette croyance nouvelle, à ces croyances nouvelles et à ce Dieu d’un autre monde  », commente le journaliste. La cérémonie comprend aussi les rites d’intronisation d’un ari’i. Des voix s’élèvent alors pour déclamer — celles de David Teai, de Tute et de John Mairai...

Transmettre le savoir aux jeunes générations

Une interview de Pāpī Paimore et d’Henri Hiro clôt le reportage de dix-sept minutes. Pāpī Paimore raconte avoir demandé au célèbre poète et militant « d’essayer de créer les conditions d’un retour à nos traditions et de les mettre en pratique sur le marae. Cela profite aux nouvelles générations qui n’ont aucune notion de tout cela — qu’est-ce qu’un marae ? —, ils ne savent pas que tout est parti d’ici, toute notre histoire s’est jouée ici. C’est le premier des marae, celui qui a donné naissance à tous les autres (...) du Triangle polynésien  ». Henri Hiro, remercié pour avoir fait des recherches et exploré les archives, rend hommage à son tour à la population pour l’accueil qu’elle leur a réservé, « un accueil à la hauteur du défi ».

Les deux hommes ont réussi ce jour-là « à lier les peuples du Triangle polynésien », salue le président du comité des sages de Taputapuātea, Tony Hiro, interrogé par Heia Parau à la suite de la diffusion du reportage. Trente ans après avoir assisté à cette « très belle et grande cérémonie », il poursuit cette action de valorisation du marae aux côtés des autres membres du comité des sages, dont Timiona Tavaearii dit Pāpā Timi, qui illustre poétiquement cette mission en prenant l’exemple d’un arbre resté couché longtemps : « Il faut qu’il se redresse pour les jeunes générations. C’est ce que nous faisons, nous en prenons soin pour qu’il donne des fruits... » ◆

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