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Taputapuatea, lieu de réunification des familles (Hiro’a n° 132 - Septembre 2018)

Les 12, 13 et 14 septembre 2007, les descendants des anciennes grandes chefferies de Polynésie française ont accueilli à Ra’iātea, sur le marae Taputapuātea, des familles royales de Rapa Nui/Île de Pâques, Aotearoa/ Nouvelle-Zélande, Rarotonga/Îles Cook, Hawaii, des Samoa, de la Nouvelle-Calédonie, de Wallis et du Vanuatu. Pour marquer ce rapprochement, une stèle commémorative a été érigée sur le site de Taputapuātea, où elle demeure aujourd’hui...

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RENCONTRE AVEC FRANCIS STEIN, CHEF DE PROJET DU PAYSAGE CULTUREL TAPUTAPUĀTEA AU SERVICE DE LA CULTURE ET DU PATRIMOINE. TEXTE : ÉLODIE LARGENTON - PHOTOS : TNTV

Les 12, 13 et 14 septembre 2007, les descendants des anciennes grandes chefferies de Polynésie française ont accueilli à Ra’iātea, sur le marae Taputapuātea, des familles royales de Rapa Nui/Île de Pâques, Aotearoa/ Nouvelle-Zélande, Rarotonga/Îles Cook, Hawaii, des Samoa, de la Nouvelle-Calédonie, de Wallis et du Vanuatu. Pour marquer ce rapprochement, une stèle commémorative a été érigée sur le site de Taputapuātea, où elle demeure aujourd’hui.

L’événement a été immortalisé dans un reportage de 26 minutes de Rony Mou Fat, diffusé en octobre 2007 sur la chaîne TNTV. Gilberte Brothers, membre du comité de gestion du site inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, se souvenait de ce grand rassemblement auquel elle a participé en tant que membre de l’association Te hua’ai a Tamatoa, et elle a transmis les images au SCP. Dans ce reportage, on suit pas à pas le déroulement des cérémonies.

Rony Mou-Fat rappelle d’abord que le marae Taputapuātea, véritable pilier du fonctionnement social, politique et religieux, était jadis le siège de toutes les décisions. Pour la première fois depuis l’histoire des migrations polynésiennes, les familles royales de la grande Polynésie se sont retrouvées sur le site pendant ces trois jours de célébration, en septembre 2007, à l’invitation de l’association Nā-hui-ari’i-matāra-e-pae, regroupant des descendants des anciennes grandes chefferies du fenua, présidée par Joinville Pomare.

« Ce que l’on recherche surtout, explique Gilberte Brothers dans le reportage, c’est que les familles puissent se rencontrer enfin, que les liens se resserrent plus que jamais. » La transmission des traditions, des généalogies, est aussi un point essentiel pour les participants. Il faut « préparer l’avenir des générations futures », dit ainsi Tuki Tepano Eusebio, fils de la reine de Rapa Nui. C’est dans cette même optique que des responsables d’associations de Ra’iātea ont été invités à assister à la cérémonie sacrée du kava royal, pour que « plus tard, ce ne soit plus nous, mais les gens de Ra’iātea qui assurent la cérémonie du ‘ava », explique Tunui Salmon.

Pour que les générations futures se souviennent de ce rassemblement, une pierre a été sculptée par Tuki Tepano Eusebio. Visible sur le site archéologique et historique Tahua-marae Taputapuātea, cette stèle baptisée Puna-ariki-tere-Moana-Nui- o-Hiva symbolise la réunification des familles royales du Pacifique. Sur le dessus, on peut voir un grand triangle constitué de trois parties mobiles, représentant les trois extrémités que sont Hawaii, l’Île de Pâques et la Nouvelle-Zélande, avec au centre une pièce représentant le marae Taputapuātea.

La pierre a été bénie à la manière religieuse, puis par le sacrifice d’un poulet. Cette sculpture et, plus largement, ce rassemblement marque, pour Rony Mou-Fat, « une nouvelle page de l’histoire d’un peuple qui, après plusieurs siècles de séparation, se retrouve enfin  ».

- Taputapuatea, lieu de réunification des familles (Hiro’a n° 132 - Septembre 2018) (à télécharger)