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Taputapuātea : continuer à faire l’unanimité (Hiro’a n° 121 - Octobre 2017)

L’inscription de Taputapuātea au patrimoine mondial de l’Unesco à peine célébrée, il faut déjà penser à la prochaine échéance : l’évaluation du bien dans cinq ans. D’ici là, il va falloir notamment mettre en place un plan d’actions pour la gestion écologique et durable du bien...

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RENCONTRE AVEC FRANCIS STEIN, CHEF DE SERVICE ADJOINT DU SERVICE DE LA CULTURE ET DU PATRIMOINE ET CHEF DE L’ÉQUIPE PROJET « PAYSAGE CULTUREL TAPUTAPUĀTEA ». TEXTE ELODIE LARGENTON. PHOTO FRANCIS STEIN ET SCP.

L’inscription de Taputapuātea au patrimoine mondial de l’Unesco à peine célébrée, il faut déjà penser à la prochaine échéance : l’évaluation du bien dans cinq ans. D’ici là, il va falloir notamment mettre en place un plan d’actions pour la gestion écologique et durable du bien, comme le recommandent l’Icomos et l’UICN.

Une photo d’une femme dans une posture de yoga sur un coin de muret du marae Hauviri, celle d’un homme en quête de mana se baladant sur ce même muret, ou encore de visiteurs d’un jour perchés sur les grandes dalles de corail mythiques, d’une grande fragilité, faisant des selfies...

Postées telles des trophées sur les réseaux sociaux, ces photos-là, Francis Stein, chef de service adjoint du Service de la Culture et du Patrimoine, ne veut plus les voir ! Pour le moment, le service mise sur la prévention en envoyant des messages d’information et de sensibilisation aux personnes identi ées via ces réseaux sociaux, mais le recours aux poursuites judiciaires est envisagé, et un règlement intérieur est en cours de validation par le ministère de la Culture.

Préserver l’intégrité de ce site hautement sacré est une obligation pour la Polynésie française. Dans le cadre de la candidature de Taputapuātea, l’Unesco a fait appel à des organismes indépendants pour véri er les éléments revendiqués par le Pays et établir une liste de recommandations.

Un archéologue néo-zélandais, Kevin Jones, s’est ainsi rendu à Ra’iātea pour le compte de l’Icomos, le Conseil international des monuments et des sites. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a, elle, établi son rapport sans que le Comité de gestion du site n’en soit informé.

Assumer ses engagements

Certaines de leurs recommandations ont « déjà été prises en compte », indique Francis Stein. « Ça nous a permis de lancer des conventions de prestations de service. Dans certains cas, nous avons déjà un diagnostic et nous allons pouvoir passer à la deuxième phase : la restitution du projet à Ra’iātea », poursuit-il.

Le chantier est énorme, le formulaire à remplir en vue du rapport d’évaluation dans cinq ans comprend soixante pages. Et il n’est pas question de laisser une seule case blanche, prévient Francis Stein. Il ne faut pas non plus attendre le dernier moment pour agir : « Tout membre de l’Icomos qui viendrait en vacances à Ra’iātea peut remplir un formulaire et donner son avis sur ce qu’il a vu à Taputapuātea. Il va donc falloir assumer nos engagements, « Icomos is watching you ! », plaisante- t-il.

Les recommandations concernent en premier lieu le littoral à protéger : « On doit faire en sorte que les intempéries ne viennent pas endommager les structures, prendre des mesures pour atténuer l’élévation du niveau de la mer, étudier la géomorphologie côtière et le transport des sédiments par les vagues, s’intéresser à la santé du récif corallien et aux courants... », liste Francis Stein.

L’Icomos recommande aussi de prendre des mesures pour éradiquer les pestes végétales, de finaliser l’établissement d’une Zone de Site Protégé (ZSP) couvrant jusqu’à la zone tampon, et de planifier les aménagements nécessaires à l’accueil des visiteurs. Autrement dit, les gestionnaires du site sont mis « face à une montagne de responsabilités », souligne Francis Stein, qui reste confiant : « Nous avons une petite équipe qualifiée, soudée, qui a bien compris qu’il fallait se répartir l’ensemble des tâches. »

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