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PARIPARI FENUA NŌ ’ŌPOA/HOTOPU’U RÉVÉLATION DES TERRES DE ’ŌPOA/HOTOPU’U (Hiro’a n° 93 - Juin 2015)

Paripari fenua, cela signifie montrer, mettre au jour. C’est caractériser, dévoiler ou encore révéler un lieu… Déclamer ou chanter un paripari fenua, c’est identifier les particularités et les frontières d’un espace terrestre ou maritime.

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Trésor de Polynésie
Service de la Culture et du Patrimoine

Texte et traduction : Hiriata Millaud, pour le Service de la Culture et du Patrimoine, d’après un récolement de différents extraits de paripari existants (tradition orale ou littérature).

Paripari fenua, cela signifie montrer, mettre au jour. C’est caractériser, dévoiler ou encore révéler un lieu… Déclamer ou chanter un paripari fenua, c’est identifier les particularités et les frontières d’un espace terrestre ou maritime. Ces paroles, venues du temps primordial, ont permis aux différentes communautés qui s’y sont identifiées d’asseoir, d’affirmer et de revendiquer leur existence originelle, identitaire et culturelle. Pour compléter notre dossier du Paysage culturel Taputapuātea de Raiatea, nous vous livrons ici un paripari fenua à la gloire des communautés de ’Ōpoa et Hotopu’u.

E Mou’a tei ni’a, ’o TE-A’E-TAPU
Une montagne culmine, c’est TE-A’E-TAPU (qui exhausse le sacré)
Tū’ati nā Tara e piti ’e ’o ’OROFĀTIU
S’y rejoignent les deux sommets, dont ’OROFĀTIU (lien/union qui engendre/génère)

’Ei raro noa iho te Marae VAEĀRA’I
Juste en dessous se trouve le marae VAEĀRA’I (zénith des Cieux)
Te papa vauvaura’a nō nā Tao’a e Va’u
L’assise d’ostentation des huit présents

E Tahua tei raro, ’o MATA-TI’I / ATA-ITI

Une place cérémonielle s’étend dans la plaine, c’est MATA-TI’I (veilleur qui rapproche/mobilise/rassemble) / (le petit nuage veilleur)
Te TAHUA ROA / I-TAHU-Ā-ROA, Heivāra’a nō ’oe e ’Ōpoa/Hotopu’u
La place cérémonielle étendue / Qui dicte les présages, où se font les grandes célébrations festives/divertissantes, pour toi ’Ōpoa/Hotopu’u

E ’Outu tei tai, ’o MATA-HIRA-I-TE-RA’I
Une péninsule s’avance sur le lagon, c’est MATA-HIRA-I-TE-RA’I (veilleur/guetteur des divinités, à l’œil attentif)
Te marae tūra’a nō Hiro-ari’i, ari’i maro ’ura matamua nō Ra’iātea Nui
Le sanctuaire où régna Hiro-ari’i, premier chef portant la ceinture de plumes rouges de la grande Ra’iātea

’Ei Pū marae ’o TAPU-TAPU-ĀTEA
Le cœur du sanctuaire est TAPU-TAPU-ĀTEA (rite sacré qui sanctifie dans le lointain)
Vauvaura’a nō te Papa ’o TINIRAU-HUIMATA-Ō-FĒ’ORO
Réceptacle du chœur sacré (Myriades-Communauté des veilleurs-de la Pieuvre expansionniste)
’Ōfa’i tapura’a i nau Upo’o Varu ō te mau Vā Ātea
Pierres de consécration des huit têtes dans les lointains espaces

E Pape tā ’u !
Fier, je le suis de mes rivières !
’O VAI-TARA-TŌA / VAI-I-ARA-TŌA i uta ; ’o VAITĪARE i raro ’e ’o RO’ITŌMŌANA i tai Elles sont à l’intérieur des terres : la résidence des redoutables guerriers / La demeure du poste de guet des guerriers ; elle est celle qui s’élève parfumée dans la plaine ; et elle est celle qui repose et entraîne vers l’océan, au-delà du tombant
Te Vai Reva Hopuhopura’a nō te Tōa
Telles sont les eaux de source d’ablution des guerriers

E Fare Arioi tei tai
Des maisons de ménestrels et de troubadours parsèment le littoral
’O NĀNU’U, ’ei pūhapara’a nō tō NU’U
Elles sont : quiétude du peuple, gîte hospitalier pour les populations
’O FARE-’OFE, i rāra’ahia tō pāua i te ’OHE-PARA nō Arata’o
Maison de bambou, dont on a tressé tes murs avec du bambou mâture d’Arata’o (« Prends garde à tes paroles ! »)
’O Fare-Mei’a, ’ei tāra’ira’a nō te mei’a ’āpura nō te FA’A-Ō-HĪVĀ
Maison des bananes, où sèchent les bananes sauvages bien mûres de la vallée-des-géants pêcheurs d’espaces

’O TERĀMĀNINI ’e ’o ’AIRIA nā ra’atira
Ils sont ceux qui activent les sources d’énergie et l’homme de l’art des visions nocturnes ; ce sont les autorités dirigeantes

E motu tei te a’au, ’o ’Ī’IHIĀRIRI
Un îlot se trouve du côté du récif, c’est le rouget coléreux
E ATA-ARA i te ’ati i tua
C’est un nuage-veilleur qui annonce mauvaise fortune au loin sur l’océan
E Ata fa’a’ite i tō uta ē : « E Ara… ! »
C’est un nuage qui avertit celles et ceux restés sur l’île : « Prenez garde à… ! »

Tārava noa mai ’o TE-AVA-MŌ’A
La passe d’expansion civilisatrice est là, qui se révèle à moi
’Uputa tapu nō ’oe, e ’ŌPOA-I-TE-TAI-RAPA-TI’A
Elle est ta porte sacrée, oh ’Ōpoa, lorsque la surface de tes eaux se hérisse des pales de rames !

E Mōana tei tua, ’o te MŌANA-Ō-HĪVĀ
Un océan s’étend vers le lointain, c’est l’océan des géants pêcheurs d’espaces
He’ehe’era’a nō te ’ōpape ō te FE’E NUI
Sur lequel se meuvent et rampent les flots de la grande pieuvre reine

Hīvā i te Pō Toa-Uri…
Géants pêcheurs d’espaces du monde des puissances visibles…
Hīvā i te Ao Toa-Tea…
Géants pêcheurs d’espaces du monde des puissances invisibles…

- PARIPARI FENUA NŌ ’ŌPOA/HOTOPU’U RÉVÉLATION DES TERRES DE ’ŌPOA/HOTOPU’U (Hiro’a n° 93 - Juin 2015) (à télécharger)

Pour en savoir plus :

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Articles parus dans le magazine culturel Hiro’a :

1 - "Honorer notre passé" (Hiro’a n° 93 - Juin 2015)

2 - "Tumu-Ra’i-Fena- Taputapuatea", fondation originelle polynésienne défendue pour sa valeur universelle exceptionnelle (Hiro’a n° 93 - Juin 2015)

3 - "Taputapuātea à votre rencontre" (Hiro’a n° 93 - Juin 2015)" (Hiro’a n° 93 - Juin 2015)->http://www.culture-patrimoine.pf/spip.php?article607&lang=fr]

Articles parus sur le site culture-patrimoine.pf :

1 - Comité de pilotage « Patrimoine mondial UNESCO » du 26 novembre 2014

2 - Le point sur les dossiers de classement du marae Taputapuātea et des îles Marquises

3 - L’histoire des marae

4 - Les fata

5 - Les unu

6 - Les arbres

7 Extrait de la collection : "Te rau manaha mā’ohi"

- Marae Taputapuätea, haut-lieu de la civilisation mä’ohi

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- Marae Taputapuätea, haut-lieu de la civilisation mä’ohi
Ra’iätea, l’île sacrée, se nommait autrefois Hava’i’i nui (Hava’i’i la grande) en référence à la terre d’origine, le lieu de naissance des dieux, des esprits et des hommes car selon la tradition orale, c’est de là que partirent les diverses migrations polynésiennes.
Sur le domaine jadis dénommé Te-pö (monde des esprits), le marae Taputapuätea était le centre d’une alliance religieuse, politique et économique de grands chefs, prêtres et guerriers des peuples mä’ohi (polynésiens). C’est pourquoi il est considéré comme un marae international.
Il aurait été fondé à partir d’une pierre du marae Vaeara’i (à ‘Öpoa), dédié à Ta’aroa (dieu de la création). Les limites de Te-pö sont la colline Mata-repeta-a-hotopu’u, la colonne basaltique Tuiamarafea et la passe sacrée Te-ava-mo’a qui ouvre l’accès aux pirogues venues du grand large.
La notoriété du marae Taputapuätea s’est largement répandue dans la zone Pacifique, lui valant d’être considéré comme un marae de classe internationale, un statut d’ailleurs conforté par l’existence d’autres marae du même nom à travers le triangle polynésien.
Aujourd’hui encore, les descendants des anciens migrants viennent s’y recueillir.

- Marae Taputapuätea, te pü ö te nüna’a mä’ohi
Ra’iatea, oia ho’i te motu mo’a, Hava’i’i nui i te mātāmua ra, te vāhi fānaura’a o te mau atu’a, te mau varua e te mau ta’ata, i te mea ia au i te paraura’a mea nā ‘onei te ta’ata mā’ohi i te fanora’a nā raro i te moana.
I ni’a i te fenua i pi’ihia i te mātāmua ra Te-pō, ua riro te marae Taputapuātea ei pū fa’aaura’a parau i te pae fa’aro’o, te porītita e te tapiho’ora’a a te mau ai’i, te mau tahu’a e te mau ‘aito o te nūna’a mā’ohi.
Ua ha’amauhia o ia i te tahi ‘ōfa’i tihi nō te marae Vaeara’i (i ‘Opoa), i fa’ata’ahia nō te atua Ta’aroa. E moti te fenua Te-pō i te mou’a i Mata-hira-i-te-ra’i, te pu’u mou’a Mata-repara-a-hotopu’u, te ‘ōfa’i Tuiamarafea e Te-ava-mo’a nā reira te mau va’a nō tua mai e tomo mai ai.
Ua tu’i te ro’o o Taputapuātea i roto ia Patīfita i riro ai o ia ei marae ‘itehia e tō te ao nei. E ti’ara’a hanahana, e rave rahi mau marae i roto i te ao mā’ohi i topa-ato’a-hia i teie i’oa. I teie ā mahana, e fano mai te mau hua’ai tamari’i mai te ara mai nō te tā’amu fa’ahou i taua ‘atira’a ra.

- Marae Taputapuätea, centre of mä’ohi civilisation
Ra’iätea, the sacred island was called Hava’i’i nui (Hava’i’i the great) referring to the original land, birth location of gods, spirits and men, oral traditions saying that Polynesian migrations set off from there.
On the domain called Te-pö (spirit world), Taputapuätea marae, was the centre of a religious, political and economical alliance of great chiefs, priests and warriors of mä’ohi (Polynesians) peoples.
It might have been founded from a stone from the Vaeara’i marae (in ‘Öpoa), dedicated to Ta’aroa (god of creation). Limits of Te-pö are mount Mata-hira-i-te-ra’i, Mata-repeta-a-hotopu’u hill, Tuiamarafea basaltic column and the sacred pass Te-ava-mo’a giving access to canoes coming from high seas.
Taputapuätea marae is so notorious within the Pacific area that it is now considered an international marae. Status supported by the fact that there are other marae with the same name within the Polynesian triangle. Nowadays, descendants from ancient migrants, above others, come to visit.

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- Te-papa-tea-ö-ruea, pierre de fondation érigée sur le marae Hauviri

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- Te-papa-tea-ö-ruea, pierre de fondation érigée sur le marae Hauviri
Le marae Hauviri était le marae tupuna (familial) des ari’i (chefs) Tamatoa. Au centre de la cour pavée, se trouve une grande dalle de corail taillée, haute de 2,80 m, appelée Te papa-tea-ö-ruea ou Te-papa-ö-nä-maha. Selon la tradition, elle servait à l’intronisation du ari’i. Ceint du maro ‘ura (ceinture ornée de plumes rouges) qui lui conférait son pouvoir divin, le ari’i était soulevé et placé sur un siège au sommet de cette dalle pour y être acclamé par le peuple.
Jadis, les grandes pirogues royales étaient accueillies sur la plage de Taura’a-tapu, située sur le flanc ouest du marae.

- Te-papa-tea-ö-ruea, te tumu ö te mau marae ato’a e tü mai ra i Hauviri
E marae tupuna nö te ’äti Tamatoa o Hauviri. Tei röpü i te ’äua papahia te tahi papa pu’a taraihia e piti mëtera e va’u ’ahuru tenimëtera i te teitei, ö të pi’ihia Te papa-tea-ö-ruea ’aore ra Te-papa-ö-nä-maha. Ia au i te peu tumu, e fa’a-’ohipa-hia o na nö te ha’amau i te ari’i ö tei türu’i ia i reira. Ua maro ia o na i te maro ‘ura ö tei höro’a mai ia na te mana ä te atua.
I müta’a ra, e mea fa’ari’i-poupou-hia te mau va’a ari’i rärahi i tätahi i Taura’a-tapu, i te ’ao’ao to’a nö te marae.

- Te-papa-tea-ö-ruea, cornerstone erected on Hauviri marae
Marae Hauviri was the tupuna (family) marae of Tamatoa ari’I (chiefs). Te papa-tea-ö-ruea or Te-papa-ö-nä-maha is the name of big 2.80 metres high coral slab that stands at the centre of the paved courtyard. Traditionally it was used for the establishment ceremony of the ari’i. The ari’i wearing the maro ‘ura (belt adorned with red feathers) giving him his divine power, was raised and seated at the top of the slab in order to be acclaimed by his people.
In yesteryears, the big royal canoes arrived in Taura’a-tapu beach, on the west side of the marae.

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8 Extrait de la suite de la collection Te rau manaha Mā’ohi : Marae Hauviri

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1 - "Honouring our past " (Hiro’a No. 93 - June 2015)

2 - “Tumu-Ra’i-Fēnūa – Taputapuātea”, the Polynesian original foundation as Outstanding Universal Value (Hiro’a No. 93 - June 2015)

3 - PARIPARI FENUA NŌ ’ŌPOA/HOTOPU’U
REVELATION OF THE LANDS OF ’ŌPOA/HOTOPU’U (Hiro’a No. 93 - June 2015)

4 - Taputapuātea à votre rencontre (Hiro’a No. 93 - June 2015)