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Le ciel, un instrument de mesure astronomique pour les tahitiens

CONFÉRENCE PUBLIQUE
Jeudi 10 avril 2014 à 18h15,
Amphi A3
Université de la Polynésie française

« Le ciel, un instrument de mesure astronomique pour les tahitiens »

par Jean-Claude TERIIEROOITERAI,
Président directeur général de Tahiti Nui Télécom
Docteur en Littérature, Sciences Humaines, Linguistique

Comment les Tahitiens ont-ils conceptualisé le ciel pour en faire un instrument de mesure astronomique ? Leurs traditions apportent des explications sous forme de récits cosmogoniques. Ils peuvent nous envoûter mais, ils ne sont pas considérés comme des solutions scientifiques. L’astronomie a accordé aux théories qui ont cours aujourd’hui toutes les allures du sérieux et de la rationalité. La cosmogonie a commencé le jour où l’homme s’est posé des questions sur son environnement et ses origines. Il fallait demander à ceux qui avaient voyagé, de raconter ce qu’ils avaient vu et entendu sur les régions encore plus lointaines. Les Tahitiens font partie de ces curieux qui sont allés voir ce qu’il y avait au-delà de l’horizon. Ils ont raconté. Les anciens ont soigneusement conservés ces expériences. Les réponses à leurs connaissances se trouvent donc à l’intérieur des mythes précieusement entretenus dans leur mémoire et dans le vocabulaire qu’ils utilisent pour conceptualiser leurs convictions. Pour les déchiffrer, l’approche linguistique devient indispensable. Dans la cosmogonie tahitienne, le dieu Ta’aroa crée le monde. Le ciel et la terre demeurent fermement enserrés dans les tentacules de la pieuvre Tumura’i. Après que le dieu Tāne les eut tranchées, Ta’aroa souleva ciel à l’aide de dix pou « piliers », que repèrent aujourd’hui des étoiles baptisées ‘anā. Les objets célestes peuvent enfin émerger des abysses situés à l’horizon et se mouvoir sur le dôme céleste en traçant des chemins que les anciens appelaient rua, repérés par leurs astres les plus brillants, les ta’urua. Cette conceptualisation du cosmos offrit aux Tahitiens un remarquable instrument de mesure spatiotemporel qui va leur permettre de sillonner l’océan dans tous les sens. Leur lexique astronomique comporte près de deux cents termes porteurs de concepts. Les revisiter conduit à mettre à jour une véritable science et à enfin découvrir comment les Polynésiens naviguaient avec les étoiles.

Publications :

- 2002, « Matari’i, le signe des saisons », – Mémorandum à propos de Matari’i utilisé en tant que repère des saisons, Association Haururu.
- 2003, « Te Heva » (en reo ma’ohi) – Roman en langue tahitienne, premier prix du Président.
- 2004, « Les dates marquantes du cycle annuel tahitien », – Mémorandum à propos des dates marquantes du calendrier tahitien, Association Haururu.
- 2009, « Rua, une vision polynésienne du ciel » – Analyse sur la vision du monde et les concepts astronomiques chez les Tahitiens, revue Matari’i n°26.
- 2010, « Le lexique astronomique du Tahiti des temps anciens » – Article recensant le vocabulaire astrale polynésienne, revue Matari’i n°30-33.
- 2010, « Une traduction inédite de la généalogie des étoiles » – Étude proposant une nouvelle interprétation du mythe de la naissance des astres de Teuira Henry dans Ancient Tahiti (1928), revue Matari’i n°30-33.
- 2012, « La navigation traditionnelle tahitienne » - la vision du ciel et sa conceptualisation par les Tahitiens pour son usage dans la navigation astronomique, Bulletin de la Société des Etudes Océaniennes n°326/327.
- 2013, « Mythes, astronomie, découpage du temps et navigation traditionnelle : l’héritage océanien contenu dans les mots de la langue tahitienne » - Thèse de doctorat (UPF)

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