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Les arbres


Certains arbres, plantés dans l’enceinte des marae étaient considérés comme l’émanation des dieux et des esprits.

Leurs branches abritaient des oiseaux qui étaient eux-mêmes les messagers de dieux, et de leur bois, on faisait des « idoles ». W. Ellis, dans « À la recherche de la Polynésie d’autrefois » les a décrits ainsi : « Les idoles étaient, soit des pièces à peine dégrossies de bois de ’aito, enroulées dans de nombreuses épaisseurs de tissu sacré ; soit des morceaux informes couverts de cordelettes curieusement nattées de bourre de coco finement tressées et ornées de plumes rouges.

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Ti’i en pua, découvert à Moorea et conservé au Musée de Tahiti (crédit photo MTI)


Les unes représentant les esprits qu’ils appelaient ti’i, les autres personnifiaient les dieux nationaux ou familiaux, les to’o. Les arbres qui poussaient à l’intérieur des murs et autour du temple étaient sacrés. C’étaient les hauts Casuarina, ressemblant à des cyprès ; le tamanu ou calophyllum, le miro ou thespesia, et le tou ou cordia. Tous à l’exception du casuarina, étaient à grand feuillage et de croissance exubérante. Leurs sombres branches entrelacées arrêtaient souvent les rayons du soleil, et le contraste entre l’éclat d’une journée tropicale et les profondeurs ténébreuses de ces bosquets était particulièrement frappant. »

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To’o, image du dieu placée à l’intérieur du fare atua, Musée de Tahiti et des îles (Crédit photo MTI)


Ces arbres étaient autrefois utilisés, lors des cérémonies qui se tenaient sur le marae, aussi bien pour leurs feuilles, leurs branches que leur écorce et leur bois. On remarque également que les marae de Bora Bora, Maupiti et Huahine « portèrent souvent l’appellation fare to’a, fare miro et fare pua, comme si ces édifices avaient un lien direct avec les arbres évoqués… » (C. Orliac).

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The ahu of the seaside marae at Pare Point Watecolor by George Tobin


Les arbres sacrés

1. Miro, bois de rose
Thespesia populnea
C’était un arbre du bord de mer aux fleurs jaunes délicates. « Le plus sacré de tous était le miro, celui qui sanctifie » écrit T. Henry dans « Tahiti aux temps anciens ».
La branche de miro était l’attribut des prêtres qui officiaient dans l’enceinte du marae. La feuille était associée aux cérémonies et servait à orner les fata.

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Miro (crédit photo SCP)


2. ’Aito, arbre de fer
Casuarina equisetifolia
Le ’aito était l’emblème du guerrier et de ’Oro, dieu de la guerre. Son bois très dur était utilisé pour sculpter des images de ce dieu. Peu attaqué par les tarets (sorte de ver qui creuse des galeries dans le bois), il était généralement utilisé en construction.

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Aito (crédit photo SCP)


3. ’Ati ou Tāmanu
Calophyllum inophyllum
Cet arbre, qui recherche la proximité de la mer, était autrefois si étroitement associé au marae que son bois, destiné à la confection de ti’i, faisait l’objet d’un tapu.

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Tamanu (crédit photo SCP)


4. Pua
Fragraea berteroana
Arbre de taille moyenne, répandu dans les vallées en moyenne altitude, dont le bois consacré au Dieu Tāne, était réservé à la fabrication des tambours de marae et de ti’i.

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Pua (crédit photo SCP)


Les arbres associés aux paysages de marae
5. Fara
Pandanus tectorius
Le pandanus fait partie du paysage des îles basses.
6. Māpē
Inocarpus fagifer
Châtaignier. Lorsqu’il est vieux, son tronc développe des contreforts de protubérances sur lesquelles s’implantent des fougères.

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Māpē sur les structures de Opunohu, Moorea (crédit photo SCP)

7. ’Ōrā, banian
Ficus prolixa
Cet arbre gigantesque peut atteindre 20 m et se caractérise par de nombreuses racines adventives.

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Banian sur Taputapuatea, Raiatea (crédit photo SCP)

8. Tou
Cordia subcordata
Arbre de mer, au tronc court et trapu reconnaissable à ses fleurs orangées

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Tou (crédit photo SCP)


Sources iconographiques :
Tobin
- LEE I., 1920
Captain Bligh’s Second Voyage to the South Sea, éd. Longmans Green and Co., London.