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Les constructions en bois



Grâce aux récits des premiers voyageurs et aux représentations des peintres qui les accompagnaient, on sait que les marae n’étaient pas seulement des assemblages de pierres. (Cf. article, "Les éléments du marae").

Des constructions y étaient associées et jouaient un rôle important. Les plus remarquables parmi celles-ci étaient le fare ia manaha ou « maison des trésors cachés », le fare atua, petite construction mobile renfermant l’image du dieu et le fare tūpāpa’u, petite maison provisoire abritant la plate-forme sur laquelle était placé le corps de défunts, ainsi que le fare va’a ā te atua, hangar à pirogue des dieux.

Fare va’a
Tous les fare va’a avaient des formes identiques, mais leurs dimensions variaient en fonction des embarcations qu’ils abritaient.
Les pirogues de guerre, les grands pahi, pirogues doubles à deux mâts, étaient placées sous les hangars dont les dimensions variaient de 25 à 55m pour la longueur et de 8 à 12m pour la largeur. Les fare va’a étaient construits en bord de mer et souvent à l’embouchure de rivières.

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View in Ulietea (Raiatea), Parkinson, 1769


Fare tūpāpa’u
Il s’agit d’une construction provisoire destinée à abriter la dépouille. Elle était généralement réservée aux classes sociales privilégiées. Cette petite bâtisse de 6 à 8m était composée d’une partie fixe et d’une partie mobile, grâce à laquelle le corps pouvait être exposé au soleil.

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Mauaroa’s tupapa ’o. Aquarelle de G. Tobin


Généralement entourée d’une clôture, elle était disposée assez loin du ahu sans qu’on sache exactement sa localisation sur le marae. On lui associait généralement un fata pour les offrandes et elle était ornée d’étoffes, tapa, et de nattes de couleur.

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Fare tūpāpa’u (Seignobos, d’après J. Webber)


Fare ia manaha
C’est la maison la plus importante du marae : c’est là que sont disposées les images (to’o, ti’i) et les objets les plus sacrés (fare atua).

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Ti’i, Musée de Tahiti et des îles (Crédit photo MTI)
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To’o, image du dieu placée à l’intérieur du fare atua, Musée de Tahiti et des îles (Crédit photo MTI)


Le fare ia manaha est également la maison où habitaient les gardiens du marae, les ’ōpū-nui ou « ventres augustes ». Ils avaient « le privilège de préparer leur nourriture sur du feu de bois pris sur le terrain du marae », et où étaient fabriqués les objets de cérémonie.
Ce fare devait être érigé en une journée et une victime humaine était placée sous le poteau central. Sa forme est celle du fare pote’e et sa longueur varie de 15 à 20m. Il était vraisemblablement situé dans le marae, à proximité du ahu.

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Marae Te Ara o Tahiti J. Webber, 1777.


Fare atua
Cette petite construction en forme de boîte fixée sur deux brancards reposant sur quatre pieds est associée au fare ia manaha où elle était remisée. Lors de cérémonies, le fare atua était placé sur l’espace central face au ahu. Sa forme, symbolique, fait référence soit à une coque renversée de pirogue (ou à un hangar à pirogue), soit à la cage thoracique du dieu Ta’aroa.

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Fare atua d’un marae de Huahine. Détail d’un dessin de J.Webber


Sources iconographiques :

Banks, Webber, Hodges, Sporing
- JOPPIEN R. et SMITH B., 1988 The Art of Captain Cook’s voyages : volume 1, The voyage of the Endeavour, 1768-1771, The Art of Captain Cook’s voyages : volume 2, The voyage of the Resolution & Adventure, 1772-1775, The art of Captain Cook’s voyages : volume 3 (text and catalogue), The voyage of the Resolution & Discovery, 1776-1780. Tobin
- LEE I., 1920 Captain Bligh’s Second Voyage to the South Sea, éd. Longmans Green and Co., London.