Accueil > Français > Sites historiques, archéologiques et légendaires. > Le marae MARAE-TA’ATĀ > Le marae MARAE-TA’ATĀ et la tradition orale

Le marae MARAE-TA’ATĀ et la tradition orale


JPEG - 135.3 ko
JPEG - 245.6 ko

- Téléchargez ce panneau


Il est un lieu historique, mythique et légendaire, hautement sacré et digne d’intérêt, nous voulons parler de l’enceinte religieuse à ciel ouvert ou marae nommé Marae-ta’atā. Ce site sacré, ancestral, situé dans la grande aire clanique des Te-’oro-pā’a et plus précisément dans la localité de Mano-rua (aujourd’hui Pā’ea), surprend le visiteur, novice, voire même averti, sur plus d’un point. Un des aspects les plus remarquables est sans nul doute sa structure très particulière, puisqu’il apparaît sous la forme, non pas d’un marae, avec une seule enceinte, mais avec trois enceintes, accolées les unes aux autres.

Marae-ta’atā se situe donc dans la localité de Mano-rua qui se termine dans sa partie sud-ouest à Pāroa (aujourd’hui davantage connu sous le nom de Māra’a pour les grottes pittoresques qui s’y trouvent). Cette localité est associée à celle de Mano-tahi et elles forment ensemble le grand Vā’a-hīvā (grand espace clanique communautaire politique et religieux défendu et protégé par les redoutables et grands guerriers hīvā) de Te-’oro-pā’a. Aujourd’hui, ces deux localités sont respectivement appelées Punaauia et Pā’ea.

Les récits épiques de la tradition orale remontent l’origine du marae Marae-ta’atā (enceinte cultuelle ou de contemplation méditative à ciel ouvert qui délivre, libère et apaise les âmes) à l’illustre Puna, fils de Tū-te-ahu-rei vāhine et de Rua-te-fa’atoa tāne. Tū-te-ahu-rei serait fille de Iao tāne, l’un des quatre favoris de Ta’aroa, lui-même fils du ari’i nui Ta’aroa-nō-Hiti (Hiti était l’ancien nom de Punaauia) du marae Tū-te-ahu-rei, qui régna vers la fin du Xe siècle.

La tradition raconte qu’aux fins de rétablir l’ordre universel inaliénable qui avait été bafoué et afin de calmer les ardeurs vindicatives ou ‘utu de Ta’aroa ā Ta’aroa-nō-Hiti à l’encontre de Puna qui l’avait profondément offensé, en violant les lois et principes sociaux et religieux établis depuis les origines, l’on tua, ou plutôt, l’on offrit Puna en sacrifice sur le marae qui porta dès lors le nom de ‘Utu-’ai (vengeance – assouvie) — Puna avait en effet insulté le mana du grand chef en violant des tapu sociaux et religieux (voir version Puna’auia de la légende). ‘Utu-’ai est un grand marae du Vā’a-hīvā Te-’oro-pā’a.

Puna mort, et ayant délivré (ta’a) son pays des vices et mauvaises actions par le sacrifice de sa personne et de son âme exhaussée (tā), il accède au statut d’ancêtre déifié ou tāura et prend forme minérale en se transformant en marae, celui que l’on nommera Marae-ta’atā.

Nous livrons ci-dessous le texte de la tradition orale qui résume cet épisode ainsi que l’interprétation sémantique initiatique y afférente :

« (…) Punaauia est cette fameuse terre, Hiti, la fameuse terre des guerriers de Ahutoru.

Mēhiti « et son jumeau » partirent s’installer à Punaru’u où ils firent souche.

On sacrifia Puna pour apaiser la colère vindicative de Ta’aroa, et cela donna son nom au marae ‘Utu-’ai (vengeance apaisée) ; pour rendre justice à Ta’aroa.

On le sacrifia pour rétablir la dignité des chefs, d’où le nom de Turu-ari’i ; et pour réaffirmer l’ascendance sacrée des chefs, on donna le nom de Tapu-ari’i.

Puna fut exhaussé au plus haut rang et l’on donna le nom de Puna-au-ia ; la délivrance apaisée de Puna était à son comble, d’où le nom de Ta’a-puna ; l’aura de Puna se répandit sur les fondations de l’enceinte sacrée et on lui donna le nom de Paepae-toto.
Quant à celui de Puna-ru’u, il rappelle que Puna fut lui aussi submergé par l’aura de son prestige.

Puna devint marae, et on le rebaptisa Marae-ta’atā.

Tous ces noms sont issus de Puna (…).

Quant aux lignées généalogiques qui suivirent, elles nous font remonter le temps des hauts faits reliés à ce site aux environs de la fin du XVIe siècle, à l’époque où Nātua vāhine i Ahura’i, du district de Fa’a’ā avait épousé Teruru-ari’i de ‘Āti-vāvau, terre située non loin de Marae-ta’atā, marae sur lequel ce dernier exerçait également certaines prérogatives.

Ces généalogies de Pā’ea qui assermentent l’identité de ce marae sont au nombre de deux. Elles racontent ainsi que Marae-ta’atā — initialement construit afin d’apaiser, de purifier, par le sacrifice des coupables, les violations de tapu instaurés par les grands chefs ou ari’i nui et ari’i rahi, comme cela a été relaté plus haut — a dû vraisemblablement se présenter à l’origine sous une forme unique, avec une seule enceinte, et un seul autel ou ahu. Elles confirment néanmoins que trois chefs exerçaient leurs prérogatives sur Marae-ta’atā : le grand chef ou ari’i nui des clan des Tevā de Papara et des Te-’oro-pā’a de Pā’ea et connu sous le nom de Tevā-hītūaipātea ; le chef premier ou ari’i rahi de Pā’ea, autrement dit Te-to’ofā ; et enfin Punua-’ai-atua, autre ari’i rahi de la lignée des ari’i de Pā’ea.

En outre, elles attestent de la spécificité des trois enceintes au travers de l’épisode où Tupua’i-ō-te-ra’i, fils de Tevā-hītūaipātea prend pour femme Terā-vero-ari’i-nā-ta’o-e-hā vāhine i ‘Āti-tara de la lignée des chefs premiers de Pā’ea. Il est dit qu’ils eurent trois fils pour lesquels ils réédifièrent un grand marae, appelé plus tard Marae-ta’atā et qui fut décomposé exceptionnellement en trois, chaque ari’i ayant autorité sur sa propre enceinte sacrée.

Ainsi, le marae appartient à la première subdivision de Mano-rua dénommée ‘A-’ōu’a et dont les limites s’étendent depuis la rivière Vai-ehuehu jusqu’à la grotte sous-marine Rua-ō-te-toa. La montagne qui domine est Tānono, le terrain de réunion est Faofao, la pointe est Fare-papa, la rivière Vai-tāhō’ē, le marae est Marae-ta’atā, les passes sont Pā’ea et Māra’a et le mouillage Ava-rua. Le ari’i nui ou grand chef était Tevā-hītūaipātea.

Néanmoins, trois ari’i se partageaient d’authentiques prérogatives sur Marae-ta’atā : Tevā-hītūaipātea, cité ci-dessus, Te-to’ofā ainsi que Punua-’ai-atua ; le premier des trois étant le ari’i nui des Tevā et Te-’oro-pā’a, Te-to’ofa un ari’i rahi ou chef premier du clan Te-’oro-pā’a qui exerçait également des droits sacrés sur le marae ‘Utu’ai et Punua-’ai-atua de la lignée des ari’i de Pā’ea.

Autre aspect notoire qui laisse le visiteur perplexe, est la présence de sept amas de petites pierres situés dans l’enceinte B. Ils sont constitués de morceaux de corail et de coquillages, mélangés à des petites pierres volcaniques. En cela, nous rappellerons simplement que Pā’ea a toujours été connu et reconnu pour être Le district des pêcheurs par excellence, et que par conséquent, certains rituels religieux s’imposaient et y étaient perpétrés autrefois avant chaque partie de pêche.

Ainsi, ces amas pourraient représenter des « micro-ahu », constitués d’un mélange d’éléments et petits matériaux afférents au monde marin et servant donc d’offrandes aux divinités de la mer et de l’océan que l’on invoquait pour que la pêche soit abondante — rituel également fréquent sur certains atolls des Tuamotu.
D’ailleurs, un poids de pêche retrouvé dans l’un de ces amas pourrait venir corroborer cette hypothèse. Plus encore, signalons la présence d’un pied de ‘atae tātahi ou Érythrine des rivages (Erythrina variegata), arbre dont la saison d’inflorescence annonçait les frais, le retour des baleines avec la naissance des petits baleineaux, mais aussi les déplacements de bancs de poissons qui intéressaient donc, tout particulièrement, les pêcheurs. Ces éléments laisseraient à penser qu’à une période récente, une partie du marae Marae-ta’atā serait devenue un marae de pêcheurs, voire Le marae des pêcheurs de Pā’ea.

JPEG - 204.8 ko

- Téléchargez ce panneau



Te vai nei teie vāhi ‘ā’ai rahi, te vāna’ana’a ‘e te teniteni, vāhi ra’a ‘e te faufa’a mau, ‘oia nei te marae Marae-ta’atā. Teie vāhi mo’a ā tō tāhito ra, e tū nei ia i te vā’a hīvā nō Te-’oro-pā’a ‘e i roto i te tūha’a nō Mano-rua (e parauhia ‘o Pā’ea i teie mahana), e vāhi i māere-mau-hia ‘e te rātere ‘e te ta’ata tupu ato’a ho’i. Te tahi tūha’a fa’ahiahia mau, tō na ïa huru patura’a ta’a ‘ē roa, inaha e ‘ere i te hō’ē marae ‘āua tahi, e toru rā ‘āua teie i fa’ati’a-tā’ao’ao-hia.

Te vai nei ho’i ‘o Marae-ta’atā i te tūha’a mata’eina’a nō Mano-rua e moti i te pae ‘apato’a-to’o’a i Pāroa (tei mātauhia i te pi’i ‘o Māra’a nō te mau ana pūrotu mau e vai taha noa mai ra i reira). E tūha’a mata’eina’a tei tā’atihia i tō Mano-tahi ‘e, ‘ua tūhō’ē nā tūha’a e piti nei ‘ei Vā’a-hīvā, ‘o Te-’oro-pā’a ïa. I teie mahana, mātauhia i te pi’i nā tūha’a mata’eina’a e piti nei, ‘o Pā’ea ‘e ‘o Punaauia.

‘E, inaha, te vai nei teie marae i te mata’eina’a iti nō Mano-rua, ‘oia ‘o ‘A-’ōu’a, e moti i te tāhora vai ‘o Vai-ehuehu e hāere roa i te ana taitua ‘o Rua-ō-te-toa. E mou’a tei ni’a, ‘o Tānono ; e tahua tei raro, ‘o Faofao ; e ‘outu tei tai, ‘o Fare-papa ; te vai, ‘o Vai-tāhō’ē ; ‘o Marae-ta’atā te marae ; ‘o Pā’ea ‘e ‘o Māra’a nā ava e piti ‘e, te roto, ‘o Ava-rua. Te ari’i nui, ‘o Tevā-hītūaipātea.
E toru rā ari’i e tū nei i ni’a iā Marae-ta’atā : o Tevā-hītūaipātea, tei fa’ahitihia i ni’a nei, ‘oia te ari’i nui nō Tevā ‘e nō Te-’oro-pā’a ; ‘o Te-to’ofā, e ari’i rahi ia nō te vā’a hīvā ‘o Te-’oro-pā’a, e ari’i mana ato’a rā i ni’a i te marae ‘Utu’ai ; ‘a tae rā iā Punua-’ai-atua, nō roto mai ïa i te ‘ōpū hui ari’i nō Pā’ea.

Te tahi atu ‘ohipa e māerehia ‘e te rātere, ‘oia te tahi nau ha’apu’era’a ‘ōfa’i ri’i e hitu e vai nei i roto i te ‘āua « B ». E nau ha’apu’era’a hu’a to’a e pūpū, tei ‘āmuihia i te ‘ōfa’i ri’i. I te reira, e ti’a ‘ia fa’aha’amana’ohia ē, i tu’i na ra te ro’o ō Pā’ea ‘ei mata’eina’a nui ra ho’i nō te feiā rava’ai, ‘e inaha, e fa’atupuhia na te tahi mau ‘ōro’a mo’a i ni’a i teie nei marae hou te mau ‘ōpuara’a tautai. Pēnei a’e paha, ‘ua riro teie nei mau ha’apu’era’a mai te ahu iti ra te huru, tei fa’ati’ahia na i te tahi pu’e mātēria e rau nō te tai mai ‘e ‘o tei riro ho’i ‘ei ō nā te mau atua nō te tai ‘e te mōana tei ta’uhia ‘ia mānuia ‘e ‘ia ‘auhune te tautai — mea pinepine ato’a ho’i teie huru ‘ōro’a i te mau motu Tuamotu mā.

‘E, inaha, ‘ua ‘itehia mai te hō’ē faturei i roto i te hō’ē ō teie nau ha’apu’era’a, e riro ānei paha ïa te reira ‘ei ha’apāpūra’a i teie māna’o i ni’a nei. Hau atu, e ti’a ‘ia fa’ahitihia te vaira’a nō te tahi tumu ‘atae tātahi (Erythrina variegata), e fa’aara mai ra i te rapura’a ō te i’a i tō na tau ‘ūa’ara’a, e tae noa atu i te tau fānaura’a nō te mau paraoa, ‘e tae noa atu i te horora’a i’a rau ; i riro ho’i teie tumu rā’au ‘ei tāpa’o faufa’a mau nō te feiā rava’ai. Te fa’a’ite nei teie nau tāpa’o ē, i te tahi tau fātata mai i tātou, ‘ua riro na paha te hō’ē vaeha’a nō te marae Marae-ta’atā ‘ei marae niu nō te feiā rava’ai nō Pā’ea.

Te fa’atumu nei te mau parau pa’ari ā tō tāhito i te marae Marae-ta’atā i te ‘aitō nui ra ‘o Puna, te tamaiti nā Tū-te-ahu-rei vāhine rāua ‘o Rua-te-fa’atoa tāne. E tamahine ra ‘o Tū-te-ahu-rei nā Iao tāne, hō’ē teie ō nā pū-tari’a e maha ra ā Ta’aroa, tamaiti nā te ari’i nui ra ‘o Ta’aroa-nō-Hiti i marae Tū-te-ahu-rei (‘o Hiti te i’oa tāhito ïa ō Punaauia), ‘o tei fa’atere ari’i na i te ārea tau hope’a tenetere X (10).
Te fa’ahiti ra te parau pa’ari ē, ‘ei fa’aho’ira’a mai i te hau tumu nui ō te pō i te ao nei, ‘o tei ‘ōfatihia te mau tapu ‘e Puna ‘e, ‘ei ‘utu nō te tāmarūra’a i te riri tāho’o ō Ta’aroa ā Ta’aroa-nō-Hiti ‘o ta Puna i rave ‘ino, ‘a fa’atura ‘ore ai ‘oia i te mau tapu ‘e ture mo’a i niuhia ‘e te Tumu Nui, tāpārahi-ha’apohe-hia a’e nei ‘o Puna ‘e pūpūhia atu ra ‘ei i’a vaevae rōroa i ni’a i te marae ra ‘o tei topahia i muri iho i te i’oa ra o ‘Utu-’ai — ‘ua fa’a’ino ‘o Puna i te mana ō te ari’i rahi mā te ‘ōfati i te mau tapu ri’i ‘e te mau tapu ra’a. E marae mana rahi ‘o ‘Utu-’ai i te vā’a-hīvā ‘o Te-’oro-pā’a.
‘A mate ai ‘o Puna, ‘ua riro ‘ei oho nō te fenua i ta’a ai te mau hara ‘e hapa rau ato’a, ‘ua tā tō na vāite i riro ‘ei tāura ‘e, marae-roa-hia a’e nei ‘o Puna, ‘o Marae-ta’atā ïa.

Teie i raro nei te tahi tūha’a parau pa’ari nō teie vāna’a ‘e te tātarara’a mana ā tō tahito :

« (…) ‘O Punaauia taua fenua ra ‘o Hiti,
‘o taua fenua ra toa nui ō Ahutoru ia.

Hāere Mēhiti mā i Punaru’u, riro atu ra rāua ‘ei tumu nō Punaru’u.

Tāpārahihia ‘o Puna ‘ei ‘utu iā Ta’aroa, riro atu ra ‘ei i’oa marae ‘o ‘Utu-’ai, ‘ei ‘utura’a iā Ta’aroa.

I tāpārahihia nō te turu ari’i, mā’iri i te i’oa ‘o Turu-ari’i ; ‘ei tapu ari’i, mā’iri i te i’oa ‘o Tapu-ari’i.

Auhia Puna, mā’iri i te i’oa ‘o Punaauia ; ‘īritihia te ta’a ō Puna, mā’iri i te i’oa o Ta’a-puna ; ru’uhia Puna i ni’a i te paepae, mā’iri i te i’oa ‘o Paepae-toto ; ‘e, Puna-ru’u, e ru’ura’a nō Puna.

Fa’ariro Puna ‘ei marae, mā’iri i te i’oa ‘o Marae-ta’atā.
Nō ni’a ana’e iā Puna te mau i’oa (…). »

‘A tae ho’i i te mau papara’a tūpuna ō te mau huā’ai nō muri mai, te tāta’u ra ïa i te mau ‘ā’ai rau nō teie vāhi mai te hope’a ‘anotau tenetere XVI, i te tau ‘a fa’aipoipo ai ‘o Nātua vāhine i Ahura’i nō te mata’eina’a ra ‘o Fa’a’ā iā Teruru-ari’i tāne nō ‘Āti-vāvau, fenua tāpiri mai i te marae Marae-ta’atā, i ni’a ato’a ho’i ‘oia i te ari’ira’a.

E piti tāura ‘ōpū fēti’i nō Pā’ea teie e fa’atumu nei i te iho nō teie marae. ‘E, inaha, te nā ‘ō ra ē : ‘o Marae-ta’atā — i patu-mātāmua-hia ‘ei pūpūra’a i te mau ta’ata hara ‘ei i’a vaevae rōroa, nō te tāmarū, nō te tāmā i te mau tapu tei ‘ōfatihia, i ha’amauhia na ‘e te mau ari’i nui ‘e ari’i rahi ra, mai tei fa’ata’ahia atu i ni’a mai —, i patuhia na paha ‘ei marae tahi, ‘āua tahi mai te ahu ‘ōtahi. Te ha’apāpūhia ra rā ho’i ē, e toru ari’i tei ari’i nei i ni’a iā Marae-ta’atā : te ari’i nui nō nā vā’a hīvā piti, ‘o Tevā nō Papara e ‘o Te-’oro-pā’a no Pā’ea, ‘o tei pi’ihia ‘o Tevā-hītūaipātea ; te ari’i rahi nō Pā’ea, ‘oia ho’i ‘o Te-to’ofā ; ‘e ‘o Punua-’ai-atua, te tahi ïa ari’i rahi nō roto mai i te huiari’i nō Pā’ea.

Te Fa’atumu-roa-ato’a-hia nei te vai-ta’a-’ē-ra’a nō nā ‘āua e toru i roto i te tūha’a u’i tūpuna i reira ‘o Tupua’i-ō-te-ra’i, tamaiti nā Tevā-hītūaipātea, i te fa’aipoipora’ahia iā Terā-vero-ari’i-nā-ta’o-e-hā vāhine i ‘Āti-tara nō roto mai i te huiari’i nui nō Pā’ea. Te parauhia ra ē, ‘e ‘ua fānau a’e ra tā rāua e toru tamaroa ‘e, ‘ua fa’ati’a iho ra i te hō’ē marae rahi, tei topahia i muri atu i te i’oa ra ‘o Marae-ta’atā, ‘o tei ‘āua-toru-hia, nō rātou noa a’e iho, ‘a fatu mana ai nā ari’i tāta’i tahi i tō na iho ‘āua mo’a i ni’a i te marae.

JPEG - 823.7 ko


An historical, mythical, legendary, highly sacred and worthy of interest marae, we are referring to the religious enclosure or marae, named Marae-ta’atā.
This sacred and ancestral site, located in the greater area of the Te-oro-pa’a clan and more precisely in the locality of Mano-rua (today called Pā’ea), will surprise the novice visitor on more than one aspect. One of it’s most remarkable aspect is without a doubt it’s particular structure, since it appears in the shape of not only as a marae within one enclosure but as a marae with three enclosures attached to one another.

Marae Marae-ta’atā, is located in Mano-rua which ends south-west of Pāroa (currently known as Māra’a, for its picturesque caves). Together with Mano-tahi they form Vā’a-hīvā (large political and religious community clan, defended and protected by the fearless hīvā warriors) of Te-’oro-pā’a. Nowadays, these localities are called Punaauia and Pā’ea.

The marae belongs to the first Mano-rua subdivision, called ‘A-’ōu’a, going from the Vai-ehuehu river to the Rua-ō-te-toa underwater grotto. Tānono is the dominating mountain, Faofao the meeting grounds, Fare-papa the point, Vai-tāhō’ē the river, Marae-ta’atā the marae, Pā’ea and Māra’a the passes and Ava-rua the mooring. Tevā-hītūaipātea was the ari’i nui or high chief. Three ari’i shared authentic
prerogatives over Marae-Ta’atā :
- Tevā-hītūaipātea, ari’i nui of the Tevās and Te-’oro-pā’as ;
- Te-to’ofā, ari’i rahi or first chief of the Te-’oro-pā’a clan, who also exercised sacred rights on ‘Utu’ai marae and Punua-’ai-atua of the Pā’ea ari’i lineage.

Seven piles of pebbles in enclosure B may leave the visitor perplexed. They are made of coral pieces and shells, mixed with small volcanic rocks. Let’s not forget that Pā’ea is still renowned as the fishermen’s district and therefore in yesteryears some religious rituals were imposed and celebrated before each fishing expedition.
These piles may have been “micro-ahu”, made of mixed elements and small materials related to the sea and serving as offerings to the gods of the sea and of the ocean, called upon for a good fishing expedition – a ritual also performed on some Tuamotu atolls.

A fishing weight found in one of the pile could support this hypothesis. There is also an ‘atae tātahi tree (Erythrina variegata), which flowers heralded spawning of fish, the return of the whales with their babies, movements of fish schools, that particularly interested fishermen. These elements allege that until recently, part of marae Marae-ta’atā had become a fishermen’s marae, even the marae of Pā’ea fishermen.

The epic tales of the oral tradition retrace the origin of marae Marae-ta’atā (open sky cultural or meditative contemplation enclosure – that delivers, frees and calms the souls) to the famous Puna, son of Tū-te-ahu-rei vāhine and of Rua-te-fa’atoa tāne. Tū-te-ahu-rei being the daughter of Iao tāne, one of Ta’aroa’s four favourites, himself son of the ari’i nui Ta’aroa-nō-Hiti (Hiti being the ancient name of Punaauia), of the marae Tū-te-ahu-rei, who reigned in late 10th century.

Tradition says that in order to restore universal order that had been violated and to calm Ta’aroa ā Ta’aroa-nō-Hiti’s vindictive zeal or ’utu against Puna who offended him by violating social and religious laws and principles, established from the origins, Puna, was killed or rather offered in sacrifice on the marae, now called ‘Utu-’ai (appeased - vengeance) – indeed, Puna insulted the mana of the high chief when he violated social and religious tapu (see the Puna’auia version of the legend). ‘Utu-’ai is a marae of the vā’a-hīvā Te-’oro-pā’a. The sacrifice and death of Puna, delivered (ta’a) his country from vices and evil deeds, his soul exalted (tā), he acquired deified ancestor status or tāura and took the shape of a stone-like marae, the one that was named Marae-ta’atā.

We supply below the text of the oral tradition that sums up this episode and the related initiation to the semantic interpretation :

“(…) Punaauia is this famous land, Hiti, famous land of the Ahutoru warriors.

Mēhiti “and his twin” relocated to Punaru’u where they took root.
Puna was sacrificed to appease the revengeful anger of Ta’aroa, hence the name of the marae ‘Utu-’ai (appeased vengeance) ; to bring justice to Ta’aroa.

He was sacrificed to restore the chiefs dignity, hence Turu-ari’i ; and to reaffirm the sacred ancestry of the chief, it was named Tapu-ari’i.

Puna was elevated to the highest rank, Puna-au-ia ; the appeased delivery of Puna was at its highest, hence Ta’a-Puna ; Puna’s aura spread on the foundations of the sacred enclosure and was named Paepae-toto.
As for the one in Puna-ru’u, it also reminds that Puna was submerged by the aura of his prestige.

Puna became marae, and got the name of Marae-ta’atā.
All those names come from Puna (…).

As for the following genealogical lines, they go back to the times of heroic deeds related to this site around late 16th century, at the time when Nātua vāhine i Ahura’i, of the Fa’a’ā district had married Teruru-ari’i from ‘Āti-vāvau, a land near Marae-ta’atā, marae (on which some prerogatives were exercised).

Two genealogies from Pā’ea certify the identity of this marae. They tell that Marae-ta’atā, originally built to appease and purify by the sacrifice of offenders, tapu violations established by high chiefs or ari’i nui and ari’i rahi as told above – perhaps had a one only form, one enclosure and one altar or ahu. However, they confirm that three chiefs had prerogatives over Marae-ta’atā :
-  Tevā-hītūaipātea, high chief or ari’i nui of the Tevā clan of Papara and of the Te-’oro-pā’a clan of Pā’ea ;
-  Te-to’ofā, first chief or ari’i rahi of Pā’ea ;
-  And Punua-’ai-atua, another ari’i rahi of the ari’i lineage of Pā’ea.

They also affirm the particular nature of three enclosures, when Tupua’i-ō-te-ra’i, son of Tevā-hītūaipātea married Terā-vero-ari’i-nā-ta’o-e-hā vāhine i ‘Āti-tara of the first chiefs of Pā’ea lineage. It was said that they had three sons for whom they built a big marae, later named Marae-ta’atā, that was exceptionally, broken down into three enclosures, each ari’i having authority over his own sacred enclosure.


JPEG - 66 ko
JPEG - 385.6 ko