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VISITE DES SITES CULTURELS DANS LE CADRE DU PGA DE MÄHINA



Cette visite des sites culturels de la commune de Mähina entre dans le cadre de la révision de son PGA, lancé depuis quelques mois.

Le SCP souhaitait établir avec la commune une collaboration et des échanges d’informations réciproques au travers des visites de terrain, les objectifs étant de localiser et vérifier l’état de conservation des sites, préciser leur localisation (coordonnées UTM), répertorier de nouveaux sites, photographier les sites, proposer des périmètres de protection, rencontrer les personnes-sources (recueil), etc.
Ce travail de terrain et les données recueillies viennent compléter et enrichir la carte archéologique de Mähina.

M. le maire Patrick JAMET ayant répondu favorablement à notre demande, cette première visite des agents des cellules Archéologie et Ethnologie-Traditions orales s’est déroulée sur la zone urbaine de Mähina, en partant des jardins de l’ancien hôtel du Tahara’a jusqu’à la limite de Papeno’o.

M. Wilfred Pani ainsi que Mmes Tenuhiarii Faua, Heifara Izal et Elisa Ayou représentaient la commune.

Cette visite a donné lieu à la mise à jour des données de 6 sites précédemment répertoriés dans notre base de données ainsi que le recensement de 8 nouveaux de sites archéologiques, historiques et légendaires.

1. Pierre de limite RA’I-Ä-MANU
Située dans les jardins de l’ancien hôtel Tahara’a, c’est la pierre de limite entres les communes de ’Ärue et Mähina.

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Pierre de limite RA’I-Ä-MANU (© SCP 2013)

2. Tumu ’uru datant de Bligh
Non loin de la pierre de limite Ra’i-ä-manu poussent deux grands pieds du uru (Artocarpus altilis). D’après nos informateurs, un de ces 2 arbres, d’environ 30 ans, serait un rejet de celui planté par Bligh qui, en 1788, embarquait sur le Bounty une centaine de plants pour les exporter aux Antilles afin d’y nourrir les esclaves africains.

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Tumu ’uru rejet de celui planté par Bligh ? (© SCP 2013)

3. One-Tree Hill
De la baie Matavai en contrebas, on apercevait un pied de ’atae (Erythrina variegata), seul, aujourd’hui disparu, se dressant au sommet de la colline dite de nos jours, du Tahara’a. En 1767, 300 pirogues et 2000 tahitiens guettaient autour du Dolphin, prêts à l’attaquer. Wallis la nomma alors la colline de l’escarmouche (Skirmish Hill) parce qu’il y tira des boulets de canons depuis son navire (Tahiti aux temps anciens, 2000 : 21, 23-25). En 1769, Cook la rebaptisa la colline de l’arbre solitaire « One-Tree Hill » à cause de ce ’atae qui y dominait.

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Emplacement probable du ’atae solitaire (© SCP 2013)

4. Rivière et source VAIRUPE
C’était une zone marécageuse, remblayée au cours du temps par les habitants. Plusieurs ruisseaux venant de la vallée Tuauru forment cette rivière. Par temps de pluies, la rivière Vairupe en crue sort de son lit, inonde les propriétés et peut monter jusqu’à 1,60 m de hauteur au-dessus du niveau habituel des rives. En saison sèche, ce n’est qu’un petit ruisseau asséché par endroits. Des petites anguilles sont présentes. La rivière était autrefois bordée de nombreux pieds de mäpë (Inocarpus fagifer) : c’est à leur présence que les gens de Mähina reconnaîtraient le tracé de la rivière.

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La rivière Vairupe (© SCP 2013)
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La source Vairupe (© SCP 2013)

5. Ti’i Ä-TAMA-TÄNE ET et Ä-TAMA-VAHINE
Ce sont deux grands ti’i (effigies anthropomorphes) en pierre localisés dans une propriété privée. En l’absence des propriétaires, la visite se fera à une date ultérieure.

6. ’ÖFA’I MO’O
Le ’öfa’i Mo’o est un ti’i en pierre de forme de lézard. Il se trouve enterré sous la cabine téléphonique depuis plus de 20 ans. La municipalité est favorable au transfert du ti’i en face, sous un arbre.

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’ÖFA’I MO’O sous la cabine (© SCP 2013)

7. TE MATA HI’O NOA
On peut supposer qu’existait jadis un marae à cet emplacement, et cette haute pierre dressée en est le seul vestige. Selon la tradition orale, c’était un lieu de rassemblement, mais dans l’enceinte sacrée du marae du chef de Ha’apape. Il avait instauré un tapu très strict et, lorsque son propre fils en enfreignit les limites, il fut obligé de se soumettre à la terrible sanction : celle d’offrir son fils en sacrifice aux dieux sur l’autel. Face au désarroi du chef, la population ne s’interposa pas car elle avait aussi subi cette terrible loi et personne ne pouvait s’y soustraire, c’est pourquoi la pierre garda le nom de Te-mata-hi’o-noa : « Les faces qui ne font que regarder ».

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Te-mata-hi’o-noa (© SCP 2013)

8. Pierre de FARERO’I ou de PÜREA
A Hitimahana, cette pierre serait le dernier vestige sauvegardé du marae Farero’i, aujourd’hui détruit. Elle a été replantée au pied d’un tumu ’uru dans la cour d’une maison OPH.

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Pierre de FARERO’I ou de PÜREA (© SCP 2013)

9. Marae FARERO’I
Ce marae est complètement détruit en surface. A sa place a été érigée l’école élémentaire Farero’i construite au début des années 1970. C’est de ce marae que provient la pierre dressée citée précédemment (cf. 8.).
Aujourd’hui, la municipalité souhaite retirer la pierre et la ramener à l’école pour marquer l’ancienne présence du marae. Le directeur de l’école serait favorable à cette entreprise.

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Ecole élémentaire de Farero’i (© SCP 2013)

10. Grotte MONO’IHERE
L’accès à la grotte est difficile (pas de sentier, pente abrupte).
D’après la légende, Nona l’ogresse découvrit cette grotte était la cachette de Mono’i-here, l’amant de sa fille Hina. Elle imita la voix de sa fille pour qu’il lui ouvre l’entrée qu’il avait barricadée, elle le tua et le dévora (Tahiti aux temps anciens, T. Henry, 2000 : 566-568)

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La grotte mono’i here sous la brousse (© SCP 2013)

11. Cascade TE PATI
D’après une version de la légende, l’ogresse Nona a dévoré Mono’ihere, l’amoureux de Hina. De chagrin, celle -ci s’est tuée en se jetant du haut de la cascade.
Selon une autre version, le chef No’a étrangle Nona pour sauver Hina, car Nona voulut aussi dévorer sa propre fille. L’arrière petit-fils de Hina est Täfa’i, guerrier géant, demi-dieu.
Le nom « te patï » (éclaboussure) fait référence aux éclaboussures de sang quand Hina s’est fracassée au sol.

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Cascade Te Patï (© SCP 2013)

12. Source VAI PIIHORO
Cette source marque la limite entre les 2 communes de Mähina et Papeno’o. Elle a un lien avec la cheffesse Hotuti’a ou Hotutü de Papeari.
En effet, lorsque Te-manu-tu’u-nu’u, chef de Päpara, revint des Tuamotu auprès de Hotutü, cheffesse de Papeari, l’amant de Hotutü et père du Teva fondateur de l’alliance des huit Teva-e-va’u, s’enfuit en pirogue du marae Mata’irea dont il délesta une perle. Hotutü envoya à ses trousses son chien Pi’ihoro. Le chien aux pouvoirs magiques le poursuivit, se désaltéra à la source qui prit son nom Vai-Pi’ihoro, s’envola dans les airs jusqu’à Teti’aroa et le rattrapa au lever du jour à Huahine alors que l’homme s’était réfugié dans une grotte. C’est ainsi que l’amant, nommé aussi Teva, s’y changea en pierre et Pi’ihoro, n’ayant pu récupérer la perle, laissa cependant une empreinte de sa patte à Tefareri’i avant de rentrer auprès de sa maîtresse (légende de Hotutü, Papeari 1998, NMT et TTP/SCP).

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La source Vai Piihoro (© SCP 2013)

13. Ancien cimetière des lépreux et village de ’OROFARA

Village :
La léproserie a été construite à ’Orofara en 1914 sur ordre du gouverneur, ’Orofara offrant un endroit isolé aux malades. Les lépreux des 5 archipels de la Polynésie française (Maio, Gambier, Rapa, etc.) y ont été acheminés.
Un vieux petit pont qui traverse la rivière aurait été construit en 1948. De grosses anguilles peuplent cette rivière. La petite église est toujours en fonction.

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Le petit pont du village de orofara (© SCP 2013)

Cimetière :
Au vieux cimetière sont enterrées toutes ces personnes souffrant de la lèpre et ayant vécu au village. Le cimetière était divisé en 2 : d’un côté, les tombes catholiques (tombes avec croix) et de l’autre, les tombes protestantes (tombes avec stèle). On retrouve même semble-t-il, de simples tombes avec une pierre dressée basaltique ainsi qu’une tombe portant des inscriptions chinoises.
Les tombes sont pour la plupart d’entre elles en mauvais état.

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Vue générale du vieux cimetière (© SCP 2013)

14. Pointe Vénus

La rivière VAIRUPE se jette dans la mer à cet endroit. Des mäpë poussent toujours aux abords.
Depuis 2012, une nouvelle structure a été installée suite à l’événement relatif au passage de Vénus. Il s’agit d’un cercle en fer forgé d’où pend une petite ancre.
Stèle du Duff tronqué : le sommet de la structure en métal qui s’est détaché au fil du temps, repose au pied de la stèle. Cette structure serait la proue du navire

La visite des sites en début de la vallée Tuauru est prévue dans les prochaines semaines.

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L’équipe municipale en charge de la culture Tenuhiarii Faua, Elisa Ayou, Heifara Izal et Wilfred Pani (© SCP 2013)