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LA ROYAUTE DE POMARE IV (1821-1842)

En 1819, le royaume des Pomare s’étend sur Tahiti, Moorea, les Tuamotu, Raivavae et Tubuai. Le clan Pomare a réuni ce royaume grâce au soutien des navigateurs européens et aux missionnaires. La royauté a succédé à un système clanique, toujours représenté par des chefferies. Les missionnaires protestants arrivés d’Angleterre exercent une influence importante sur la population et bouleversent les modes de vie ancestraux. Le « code Pomare » qui entre en vigueur est fortement marqué par les codes de lois européens et la bible. La mort de Pomare II va compromettre la stabilité du royaume.

I- Crise dynastique

En 1821, Pomare II meurt. Il laisse derrière lui deux enfants en bas âge. Le jeune Pomare III est sacré le 21 avril 1824, à la mode anglaise avec tout le faste qui l’accompagne. Il porte les espoirs des missionnaires, qui l’ont élevé. Mais le jeune roi meurt en 1827 de dysenterie. Sa sœur Aimata prend sa succession.

La période de régence
Vu le jeune âge des prétendants au trône, une régence est d’abord mise en place. Elle est assuré d’abord par Manaonao, ami de Pomare, puis par Ariipaea Vahine épouse de Pomare II. Femme ambitieuse, la régence est pour elle un instrument de pouvoir. Très vite, elle délaisse partiellement la bonne marche du pays pour se focaliser sur le contrôle du commerce. Elle est déposée au profit de sa fille en 1828. Aimata Vahine devient reine. Restée hors de porté des pasteurs protestants, elle n’a pas été élevée dans l’objectif d’être reine et connaît des débuts difficiles.

Une assemblée tahitienne
Sous la régence, en 1824, le code de lois dit « Pomare » est révisé. A cette occasion une assemblée représentative est créée. Les membres de chaque district sont invités à élire des représentants pour trois ans. Ceux-ci doivent se réunir une fois pas ans pour promulguer de nouvelles lois et amender celles en vigueur.

II- Crise religieuse

Sous son règne le commerce s’accroît, les étrangers sont de plus en plus nombreux. Le relâchement politique s’accompagne d’un relâchement religieux. Les contraintes de la foi protestante se font sentir. Les lois sont difficiles à respecter et les contributions matérielles demandées aux fidèles sont lourdes. Dans ce contexte apparaît un mouvement religieux : la Mamaia.

La secte mamaia
La mamaia est une sorte de fusion entre l’ancienne religion et la religion chrétienne.
Elle prône la prière intensive mais encourage le retour aux anciennes pratiques. Ce mouvement provoque rapidement le mécontentement. Ce mouvement pose aussi problème auprès des autorités car certains déclarent que les lois n’ont aucune raison d’être. Cette petite secte religieuse fait peu à peu de nombreux adeptes.
Les contestataires sont dûment réprimés. A Tahiti, les grands chefs, dont Tati affrontent les fidèles armes à la main. Les adeptes des îles sous le vent connaissent le même sort. La secte disparaît mais l’unité religieuse est brisée et le protestantisme affaiblit.

III- Crise politique

Le poids des étrangers
Sous le règne de Pomare IV, les étrangers sont nombreux à s’installer : baleiniers, commerçants, planteurs…L’ordre public est difficile à maintenir. La reine et les chefs doivent compter sur l’intervention des grandes puissances pour maintenir l’ordre. Les étrangers s’immiscent de plus en plus dans les affaires locales, ils sont soutenus par les navires de guerre de leur pays respectifs, ancrés dans la rade de Papeete. Deux hommes se détachent : le consul d’Angleterre, protestant, Pritchard et le consul des Etats-Unis devenu consul de France en 1839, Moerenhout, catholique.

La crise catholique : incident diplomatique avec la France.
En 1936, le conflit religieux entre catholique et protestant prend une mesure politique. Débarquent à Tahiti deux prêtres catholiques français, les pères Caret et Laval. Ils arrivent des Gambier où ils ont installé avec succès une mission. La reine, influencé par Pritchard leur demande de repartir. Moerenhout les prend sous sa protection. Mais, ils sont tout de même arrêtés et expulsés. La France atteinte dans son prestige et dans sa religion exige des excuses de la part de la reine et des réparations.

Dupetit –Thouars débarque à Tahiti
En 1838, Dupetit –Thouars arrive à Tahiti. Il est chargé par la France d’obtenir les réparations. Sur Tahiti, les protestations des français sont vives à l’encontre de la reine. Ils demandent à ce que leurs droits soient respectés.
A cette occasion, Dupetit –Thouars nomme Moerenhout, consul de France. La reine de plie aux exigences des Français. Mais, Pritchard mécontent de la tournure des choses, sollicite la protection anglaise, sans succès.
En juin 1839, une convention est signée pour le libre exercice de la religion catholique.