Accueil > Français > Patrimoine Historique > Histoire de la Polynésie française de 1797 à 1977 > CONTROLER LA POLYNESIE ORIENTALE : 1880-1901

CONTROLER LA POLYNESIE ORIENTALE : 1880-1901

Au XVIIIe et au début du XIXe siècle, les Européens ont découvert de nombreuses contrées inconnues. Conscients des intérêts économiques et militaires qu’elles représentent, ils se sont engagés dans une prise de possession de ces territoires. Mais cette soif de terres est conditionnée par les relations internationales entre les grands Etats européens et américains. Ils se partagent alors le Pacifique. La Polynésie représente un enjeu international même s’il est mineur. La France continue donc après les Marquises et le royaume Pomare ses annexions dans le Pacifique, non sans rencontrer des obstacles.

I - Annexer les autres archipels

Les îles Marquises : Une annexion précoce
Les îles Marquises ont été annexées dès 1842. Mais depuis 1860, aucune présence administrative ni militaire n’est assurée. Seule demeure la mission catholique. La contestation est vive et des troubles importants y subsistent. En juin 1880, un corps expéditionnaire est envoyé pour supprimer les rébellions, réaffirmer le pouvoir français et rétablir une administration civile.

Les îles Gambier et Australes : annexions sans heurts
Les Gambier sont sous protectorat depuis 1844. Ce Protectorat jamais ratifié a été dénoncé par le régent en 1869. La mission catholique à la main mise sur le pouvoir local. La France annexe les îles en février 1881 sans résistance de la mission.

En 1881, le gouverneur Chessé se rend aux Australes. Il signe un traité de
« protection » avec le grand chef Parima à Rapa. En 1886, la France relance sa politique d’annexion. L’île de Rapa est annexée en 1887.
Sa mission se révèle plus problématique aux Iles sous le vent.

II - Les îles sous le vent : annexion par les armes

Le résultat de tractations internationales
En 1847, est signée la convention franco-britannique, dite « de Jarnac ». Elle garantit l’indépendance des îles Sous le Vent d’équilibrer les aires d’influence de France et de l’Angleterre dans le Pacifique. Mais, en 1887, cette « convention » est abrogée. La France cherche à contrecarrer les ambitions anglaises et allemandes qui ont repris en Polynésie orientale dans les années 1880. Donc, en 1887, la France accepte de partager le pouvoir des Nouvelles Hébrides (Vanuatu) avec la Grande Bretagne en échange de sa liberté d’action aux Iles sous le vent.
Le but est de laisser la France les annexer afin de freiner les ambitions des allemands qui y ont implanté en 1876 la Société Commerciale d’Océanie. Cependant, les autorités locales ne sont pas consultées.

« La guerre »des Iles sous le vent
En 1887, le gouverneur Lacascade relance donc les opérations d’annexion. Quand les troupes françaises débarquent en 1888 à Huahine, elles sont accueillies par des coups de feu. Très vite la révolte se répand sur Raiatea et Tahaa. La révolte est menée à Raiatea par Teraupoo. Les Français matent les insurgés pas les armes. La guerre des Iles sous le vent durera jusqu’en 1897. Vaincus, les habitants sont « punis » en n’obtenant pas le statut de citoyen français. On leur donne le statut d’indigène.

III- Rurutu et Rimatara

Suite à la conquête des îles sous le vent, il reste deux îles non annexées : Rurutu et Rimatara. Les chefs ont admis l’idée d’un protectorat en 1887 lors du passage du gouverneur Lacascade. Mais aucun administrateur n’a été installé. Les chefs demanderont l’annexion afin de profiter des débouchés économiques qu’offre cette partie du Pacifique. Rurutu sera annexée en 1900 et Rimatara en 1901. A cette date les cinq archipels sont réunis au sein des Établissements français d’Océanie.

Seuls ont échappé à la France les îles Cooks et l’îles de Pâques. Paris était favorable au protectorat, mais les gouverneurs locaux n’y ont pas trouvé d’intérêts. Les îles Cook sont des partenaires commerciaux des îles sous le vent. L’île de Pâques a fait la demande deux fois car elle ne voulait pas tomber sous la coupe d’un pays d’Amérique du Sud.
En 1888, le Chili annexe l’île de Pâques. En 1900, les Cooks sont administrés par la Nouvelle Zélande, dominion britannique.