Accueil > Français > Articles parus dans le magazine culturel Hiro’a > Articles parus dans le Hiro’a > Un more, comment c’est fait ? (Hiro’a n° 70 - Juillet 2013)

Un more, comment c’est fait ? (Hiro’a n° 70 - Juillet 2013)



PAR EUGÉNIE MAITERAI ET TUTANA TETUANUI-PETERS, AGENTS
RETRAITÉS DU SERVICE DE LA CULTURE ET DU PATRIMOINE.

En pleine période de Heiva, vous vous demandez peut-être comment sont fabriqués les magnifiques more que portent les danseurs ? Les spécialistes du Service de la Culture et du Patrimoine nous donnent leurs secrets pour réaliser le plus beau more : le vôtre !

Etape 1 : Récolte et écorçage des jeunes branches ou rejets de purau
Pour préparer le more, il faut d’abord récolter de jeunes branches ou rejets de purau (hibiscus tiliaceus) de 2 m de long et de 2 cm de diamètre au maximum. Ces jeunes branches sont d’abord écorcées. La partie interne de l’écorce (le liber) porte le nom de more. Certains prélèveront le more avant de le tremper, d’autres le feront après le trempage et la macération des écorces (étape 3).

Etape 2 : trempage des écorces de purau durant 1 à 2 semaines
Puis, les écorces recueillies sont mises à tremper dans de l’eau de mer pendant une à deux semaines. On peut aussi les tremper dans de l’eau douce stagnante, voire boueuse. Aux temps anciens, on utilisait en effet de l’eau boueuse pour le trempage direct des branches, les écorces et leur peau externe se détachant alors aisément à l’issue de cette période (cette opération est appelée le rouissage).

Etape 3 : retrait de la peau externe, lavage et trempage des fibres de more
A la fin de cette période de macération, la peau externe des écorces mises à tremper se décolle facilement. Seules sont conservées les peaux internes blanches (le liber) qui constituent la fibre de more. On lave soigneusement ces fibres à grande eau puis on les laisse macérer dans de l’eau additionnée de citron.

Etape 4 : séchage des fibres blanches et soyeuses de more
On obtient finalement le more sous forme de lanières blanches et soyeuses qui seront mises à sécher à l’ombre (surtout pas de soleil). Une fois sèches, elles sont ficelées en liasses. On emploie les fibres de more telles quelles ou après les avoir teintées. Pour faire la jupe, deux lanières de purau serviront de support. Les autres seront utilisées pour le tressage. On fait une boucle autour d’une double corde de support, on fait passer une extrémité entre les fibres tout en la passant à travers la boucle et on serre. Ainsi de suite jusqu’à obtention d’un tour de taille.

Etape 5 : teinture des fibres blanches de more
Pour teindre le more, on le trempe dans un bain approprié, puis on le rince et on le fait sécher. Ainsi, pour obtenir la couleur rouge vif, on prend des hibiscus rouges que l’on met à bouillir pendant 2 heures. Une fois ce liquide filtré, on y plonge le more blanc qu’on laisse macérer pendant 2 heures. Pour les autres teintures végétales (jaune, vert, violet, noir, marron, etc) vous pouvez consulter le site Internet www.culture-patrimoine.pf : « La Fabrication du Tapa et des Teintures végétales ».

SAVIEZ-VOUS QUE…
Lors des concours du Heiva et selon le règlement, le costume traditionnel doit être dans la gamme des couleurs traditionnelles : rouge, jaune, marron, orange, brun, blanc ou noir.

- Un more, comment c’est fait ? (à télécharger)

JPEG - 17.7 ko