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Biens culturels... bien surveillés (Hiro’a n° 64 - Janvier 2013)



Biens culturels… bien surveillés

Souvenez-vous : le 14 juillet dernier, deux penu voyageant dans les valises d’un amateur d’art américain avaient été saisis par les douaniers à l’aéroport de Faa’a. Une mésaventure qui a permis d’instaurer une convention de collaboration entre le Service des Douanes et le Service de la Culture et du Patrimoine pour permettre de mieux protéger les biens culturels polynésiens.

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penu de type classique Maupiti © SCP 2012

« Les objets de fabrication ancienne ou portant des inscriptions ou traces quelconques intéressant la culture préhistorique polynésienne, (…), ne peuvent être exportés sans une autorisation du chef de territoire en conseil de gouvernement, après avis de la commission des sites et des monuments naturels ».
C’est, en substance, l’énoncé de l’arrêté n° 97 AA du 10 janvier 1962 déterminant les catégories d’objets présentant un intérêt historique, légendaire, scientifique ou folklorique dont l’exportation est soumise à autorisation administrative.
Pourtant, le 14 juillet dernier, les douaniers ont intercepté dans les bagages d’un passager américain deux penu anciens, qui allaient sortir du Pays illégalement. C’est la première fois qu’une telle saisie se produit en Polynésie, faisant réagir efficacement le Service des Douanes : une convention de collaboration a
été signée sans délai avec le Service de la Culture et du Patrimoine, afin de sensibiliser les agents au trafic de biens culturels. Une étape cruciale pour protéger le patrimoine culturel polynésien car, sans la perspicacité du douanier, les deux penu auraient été définitivement « perdus » pour le patrimoine... Désormais, les agents de contrôle sont particulièrement vigilants et peuvent prendre l’attache des archéologues pour déterminer la facture de certains objets sur lesquels ils auraient des doutes.

Sauvés et désormais conservés

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penu de type classique tahitien © SCP 2012

Tamara Maric, de la cellule archéologie du Service de la Culture et du Patrimoine, a procédé à une expertise de ces deux penu. Le rapport atteste que « ces deux objets sont des pilons (penu) des Iles de la Société, de facture ancienne (pré-européenne), le premier de type classique Maupiti et le deuxième de type classique tahitien. On ne peut les dater avec précision, mais leur ancienneté remonte au moins à la deuxième partie du 18e siècle ». Découverte fortuite ou illégale, récente ou ancienne, objets provenant d’une collection ou d’un particulier, toutes les hypothèses restent plausibles. Mais ce que l’on sait, c’est qu’il existe un véritable marché pour l’art océanien en Polynésie comme à l’extérieur et que les autorités doivent veiller au grain pour éviter que le pillage ne se perpétue.
Les deux penu ont été remis au Service de la Culture et du Patrimoine, qui règle les questions juridiques concernant leur inscription en tant que « propriété du pays ». Ils seront ensuite affectés, conservés et valorisés au Musée de Tahiti et des îles.

- Biens culturels... bien surveillés (à télécharger)

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