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Le lifting du marae maraeta’ata (Hiro’a n° 50 - Novembre 2011)



Rencontre avec Belona Mou, Tamara Maric et Paul Niva, archéologues, Tehei Tehuiotoa, en Contrat de Développement Local, Martine Ratinassamy, chargée du projet d’aménagement paysager.

Le lifting du marae maraeta’ata

Célébrer la culture, exalter le génie d’un lieu, conjuguer le passé au futur pour assurer la pérennité d’une identité, telles sont les ambitions du projet de restauration et d’aménagement paysager du site archéologique marae maraeta’ata, actuellement réalisé par les agents du Service de la Culture et du Patrimoine. La fin des travaux, pour décembre, promet un résultat digne de l’intérêt du site.

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© SCP 2011

Inventorié la première fois par l’archéologue hawaiien Kenneth Emory en 1925, ce site a déjà fait l’objet de fouilles (sous la direction de José Garanger en 1973, puis par Dominique Legoupil en 1980) et de restaurations par le Service de la Culture et du Patrimoine qui en a la gestion depuis 2007. Des travaux jamais véritablement achevés puisque le marae maraeta’ata regorge de trésors et mériterait une mise en valeur globale. En juillet 2011, la bonne nouvelle arrive : le ministère de la Culture alloue au Service de la Culture une subvention spécialement dédiée aux aménagements de site culturel ! L’équipe se met immédiatement au travail pour initier un projet pour le marae maraeta’ata qui revêt plusieurs objectifs : faire connaître, valoriser et protéger un vestige polynésien de grande ampleur, facilement accessible au public.

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© SCP 2011

- Composition du marae maraeta’ata
L’ensemble comprend 3 enceintes reliées entre elles, signe d’une évolution complexe du monument, sans doute lié au statut politique de ses propriétaires. Ces trois marae présentent chacun un parement distinct :
- Enceinte A : parements plats. On retrouve ce type d’architecture dans certains groupes sociaux de Moorea, de la Punaruu et de Papenoo.
- Enceinte B : parement à pierres à bossage. Elles sont le témoin d’une appartenance royale et liées au culte de ‘Oro. Il y avait sur cette partie du marae un ahu (autel) à étages, qui a été détruit.
- Enceinte C : parement à appareillage irrégulier. Il en existe dans toute la Polynésie sans distinction de clan ou d’époque.

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© SCP 2011

La restauration
Depuis le 5 septembre, Belona Mou, Tamara Maric et Paul Niva, archéologues, ont les mains dans la terre, à fouiller autour du marae maraeta’ata. Aujourd’hui, il pleut des cordes : cela fait plus d’un mois qu’il n’était pas tombé une goutte. Le travail est ralenti mais la pluie, c’est bon pour la terre ! Ils sont satisfaits malgré tout, car ils attendaient depuis longtemps de valoriser le potentiel de ce site pour le public. « Nous avons pu recruter et former 8 jeunes hommes en CDL* pour le chantier, déclare Belona Mou, responsable de la cellule archéologie du Service de la Culture et du Patrimoine. Ils réalisent avec nous les sondages et le relevé des structures. C’est intéressant car le lieu est très riche. » Les parements des façades des trois marae vont être remontés, et des travaux d’ajustements et retouches sur l’ensemble des structures vont être réalisés. « Le site va devenir un lieu culturel valorisé et exploitable », se réjouit Tamara Maric, archéologue. Des panneaux explicatifs seront disposés autour du marae pour permettre découvrir son histoire et sa particularité.

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Le plan du marae © SCP 2011

Une histoire remarquable
D’après l’archéologue Paul Niva, différentes versions de l’origine de ce marae existent :
-  La généalogie de Punaauia attribue la création du marae à un guerrier du nom de Puna. Celui-ci fut transformé en marae, d’où le nom de « Ta’ata » (homme).
-  Une autre version dit que la construction de marae Ta’ata est liée à la naissance des 3 enfants de Tupuai i te rai.
Au 18ème siècle, le marae Ta’ata était un marae de rang national où Pomare I a été intronisé.

L’aménagement paysager
« Pour aménager ce site archéologique, nous devons composer avec une contrainte importante : il se situe en plein cœur d’une zone résidentielle. C’est pourquoi nous avons proposé un aménagement paysager qui permette de l’isoler de ce contexte citadin », explique Martine Ratinassamy, chargée de cette partie du projet. « L’idée est de fondre le marae dans un écrin végétal pour oublier les constructions aux alentours, afin de produire une atmosphère sereine et agréable. Les visiteurs accéderont au site par un parking devant un écran de verdure permettant de conserver un temps de découverte des lieux. Une vingtaine d’arbres et plus d’un millier de plantes seront disposés, en relation avec les utilisations propres aux marae. Nous jouerons à la fois sur les savoir-faire (miro, tamanu, etc.), les couleurs (opuhi, aute ma’ohi, etc.) et les odeurs (tiare, pua, etc.). »
Unu et fata et pahu* inspirés de gravures anciennes ont également été commandés à des sculpteurs, anciens élèves du Centre des Métiers d’Art, pour dynamiser le site.

- Tehei Tehuiotoa, en Contrat de Développement Local pour le chantier du marae maraeta’ata
« Lorsque j’ai appris que le Service de la Culture recrutait des CDL pour l’aménagement d’un site archéologique, j’ai foncé ! J’avais envie d’apprendre sur notre culture. Nous avons eu une semaine de formation théorique avec les archéologues, qui nous ont initiés aux bases de l’archéologie des marae, de la cartographie, des instruments (théodolites, etc.). On a aussi découvert des traditions orales. J’apprécie beaucoup ce travail car on se sent utile, on participe à la préservation de notre patrimoine, d’autant que toute l’équipe s’investit énormément. »

- En bref
- Le marae maraeta’ata est situé PK 19, côté montagne à Paea (un nouveau panneau l’indique)
- Plusieurs fois restauré, il fait en ce moment même l’objet d’un aménagement archéologique et paysager plus complet par le Service de la Culture et du Patrimoine
- Les travaux prendront fin en décembre
+ d’infos : www.culture-patrimoine.pf

* Unu : effigie en bois permettant d’établir le contact avec les dieux
Fata : plateforme de présentation des offrandes
Pahu : tambour traditionnel


- Le lifting du marae maraeta’ata (à télécharger)

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Autres documents :

- Lien vers l’article paru dans le magazine Hiro’a intitulé " Le marae Ta’ata est juste là" (Hiro’a n° 42 - Mars 2011)

- Lien vers l’arrêté n° 6595/MCA du 22 septembre 2011, autorisant Belona MOU et Tamara MARIC à effectuer une opération archéologique préventive au marae Ta’ata, sis au PK 19 de la commune de Paea, sur l’île de Tahiti, archipel de la société

- Lien vers l’arrêté n° 6688/MCA du 26 septembre 2011, autorisant Monsieur Paul NIVA à effectuer une campagne de restauration et de sondages archéologiques au marae TA’ATA, sis au PK 19 de la commune de Paea, sur l’île de Tahiti, archipel de la société

- Lien vers l’article paru dans la revue de presse Les Nouvelles de Tahiti, intitulé "Un trésor de l’histoire en restauration"

- Lien vers l’article paru dans la rubrique actualités, intitulé "Lancement du chantier de restauration du site archéologique classé "MARAE TA’ATA"

- Lien vers l’article paru dans la rubrique actualités, intitulé "La restauration de "MARAE TA’ATA" continue !