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58ème marche sur le feu (Hiro’a n° 46 - Juillet 2011)

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Marcher sur des pierres chauffées à plus de mille degrés sans se brûler vous paraît inexplicable ? Essayez vous-même, lors de la 58ème cérémonie du umu ti organisée par le grand tahu’a Raymond Teeriierooiterai Graffe, le 6 juillet au Mahana Park. Entre expérience personnelle et communion traditionnelle, vous y trouverez vos réponses…

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Rencontre avec Raymond Teeriierooiterai Graffe, organisateur de la marche sur le feu.

58ème marche sur le feu

Marcher sur des pierres chauffées à plus de mille degrés sans se brûler vous paraît inexplicable ? Essayez vous-même, lors de la 58ème cérémonie du umu ti organisée par le grand tahu’a Raymond Teeriierooiterai Graffe, le 6 juillet au Mahana Park. Entre expérience personnelle et communion traditionnelle, vous y trouverez vos réponses…
La marche sur feu est une tradition en Polynésie qui remonte à la nuit des temps. Celle-ci avait une fonction et un intérêt bien particuliers, dont le point de départ est le umu ti, qui consiste à cuire dans un four traditionnel des ti, racines de auti, pour se prémunir de la période sèche, matari’i i raro, qui dure de mai à novembre. Ainsi cuits, les tubercules de ti pouvaient être conservés pendant de long mois, permettant à la population de faire face à la disette. Dans certaines îles, une marche sur le feu précédait la cuisson des ti. Elle servait à vérifier la présence des dieux, qui avait la réputation de se retirer pendant matari’i i raro. Si les tahu’a parvenaient à marcher sur le feu sans se brûler, cela signifiait qu’ils avaient toujours le mana, le pouvoir nécessaire à la réussite de la cuisson des ti.

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Raymond graffe © SCP 2012

Le pouvoir du feu
Aujourd’hui, la marche sur le feu est organisée en souvenir de cette coutume. L’organisation n’en est pas moins délicate et codifiée : « avant chaque préparation du four, je jeûne durant la semaine qui précède, indique Raymond Teeriierooiterai Graffe. Je me retire dans la montagne pour communier avec les dieux. » Ce rituel est selon lui indispensable au bon fonctionnement de la marche sur le feu. Une soixantaine de personnes est mobilisée pour la préparation du four : il s’agit de choisir et couper le bois, collecter des combustibles naturels, ramasser les pierres volcaniques, creuser et approvisionner la fosse, mettre en route la fournaise… Sans oublier, bien sûr, le ramassage des pieds de auti sacrés. Ensuite, vient l’heure de la cérémonie avec le public. « Pour la 3ème année consécutive, c’est mon fils Arioi, âgé de 17 ans, qui va officier. Je le prépare à prendre la relève. » C’est donc en famille que les spectateurs seront invités à traverser la fournaise et à se purifier ainsi le corps et l’esprit. « Le feu est un élément destructeur et de transformation qui a des bienfaits sur l’homme, explique Raymond Teeriierooiterai Graffe. L’énergie acquise durant ce cheminement sur les braises se transmet dans notre vie quotidienne et dans notre environnement ». Cette expérience ne comporte aucun risque, à condition de respecter quelques règles : il ne faut pas avoir bu d’alcool depuis la veille, les femmes qui ont leurs règles peuvent assister à la cérémonie mais ne doivent pas traverser le four, et il ne faut pas se retourner une fois que l’on a commencé à marcher sur la fournaise.

58ème marche du feu : pratique
- Mercredi 6 juillet, à partir de 18h00
- Mahana Park (Pk 18, Punaauia)
- Spectacle de danse du feu avec le groupe Te ahi ura
- Cérémonie de marche sur le feu par les tahu’a, puis avec le public
- Tarif : 3 000 Fcfp par personne. Vente des places à partir du mardi 5 juillet, 9h, sur le site et jusqu’à la soirée.

- 58ème marche sur le feu (à télécharger)

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