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La préparation du MORE


La Préparation du more

Etape 1 : récolte et écorçage des jeunes branches ou rejets de pürau

Pour préparer le more, il faut d’abord récolter de jeunes branches ou rejets de pürau (hibiscus tiliaceus) de 2 m de long et de 2 cm de diamètre au maximum. Ces jeunes branches de pürau sont d’abord écorcées.
La partie interne de l’écorce (le liber) porte le nom de MORE. Certains prélèveront le moreavant de le tremper, d’autres le feront après le trempage et la macération des écorces (étape 3).

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Séparation du liber (le more) de l’écorce externe (crédit photo SCP 2010)

Etape 2 : trempage des écorces de purau durant 1 à 2 semaines

Puis, les écorces recueillies sont misent à tremper dans de l’eau de mer pendant une à deux semaines. Si on est éloigné de la mer, on peut aussi les tremper dans de l’eau douce stagnante, voire boueuse.

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Trempage du more (crédit photo SCP 2010)


Aux temps anciens, on utilisait en effet de l’eau boueuse pour le trempage direct des branches, les écorces et leur peau externe se détachant alors aisément à l’issue de cette période (cette opération est appelée le rouissage).

Etape 3 : retrait de la peau externe, lavage et trempage des fibres de more

A la fin de cette période de macération, la peau externe des écorces mises à tremper se décolle facilement. Seules sont conservées les peaux internes blanches (le liber) qui constituent la fibre de more. On lave soigneusement ces fibres à grande eau puis on les laisser macérer dans de l’eau additionnée de citron.

Etape 4 : séchage des fibres blanches et soyeuses de more

On obtient finalement le more sous forme de lanières blanches et soyeuses qui seront mises à sécher à l’ombre et non au soleil. Une fois sèches, elles sont ficelées en liasses prêtes à l’emploi. On emploie les fibres de more telles quelles ou après les avoir teintées.

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Juppes en more (crédit photo SCP 2009)


Etape 5 : teinture des fibres blanches de more

Pour teindre le more on le trempe dans un bain approprié, puis on le rince et on le fait sécher.
Ainsi, pour obtenir la couleur rouge vif, on prend des hibiscus rouges et doubles que l’on met à bouillir pendant 2 heures.
Une fois ce liquide filtré, on y plonge le more blanc qu’on laisse macérer pendant 2 heures.

Pour les autres teintures végétales (jaune, vert, violet, noir, marron etc ..), référez vous au document La Fabrication du Tapa et des Teintures végétales , ainsi que notre poster Atelier d’apprentissage de la teinture que vous pouvez télécharger ci-après.

Les utilisations du more

Les longues lanières blanches du more sont employées telles quelles ou teintées pour fabriquer les jupes des danseurs et des danseuses (more), des houppes (‘i’i, tähiri) pour souligner les mouvements des bras et des jambes des danseurs ou encore des guirlandes de décoration (hei).

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Costumes de danse (crédit photo SCP 2010)


On obtient aussi des cordes (taura) en tressant du more. Elles servent à de multiples usages : attaches des chevrons (‘aho) de charpente (täfare), sandales (tïa’a more), ceintures des jupes (hätua more), nattes (pë’ue), costumes (ahu ori), etc …

Les cordes grossières de taura pürau (lanière d’écorce interne épluchée, séchée et tordue sur elle même) servent à fabriquer des filets pour transporter des oranges (tötö) , des sandales (tïa’a) et des filets de pêche (’üpe’a).

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