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Présentation de l’archipel

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L’archipel des Gambier (crédit photo BCI. HC)


À l’extrême sud de l’ensemble de l’archipel des Tuamotu, et à 1.643 km de Tahiti, soit 4 jours de mer depuis Papeete, la commune de Gambier est composée de l’archipel des îles Gambier, des îles du groupe Actéon, des atolls de Marutea-Sud, Maria-Est et Morane.

L’archipel des îles Gambier comprend dans un même lagon, MANGAREVA, dont le point culminant est à 441 mètres d’altitude, d’une superficie d’environ 14 km2, Aukena, Akamaru, Makaroa, Angakauitai, Taravai, l’îlot corallien de Totegegie sur lequel a été implanté l’aérodrome, et l’atoll de Temoe.

Les îles du groupe Actéon comprennent les atolls de Maturei-Vavao, Tenanaro, Vahanga et Tenarunga.

Ces atolls sont habités ponctuellement lors des campagnes de transformation des noix de cocos en coprah, ils sont exploités par les habitants des atolls de Reao et Pukarua.

La superficie des terres émergées est de 35 km².

Les premiers groupes polynésiens sont probablement venus des îles Marquises vers l’an 1200 de notre ère. Des contacts avec les Cook du Sud font l’objet de quelques légendes et expliquent les analogies relevées entre les deux archipels au niveau de l’outillage en pierre et du travail de la nacre.

Des foyers et des sépultures ont été retrouvés sur les petites îles, mais les vestiges des « marae » , souvent dédiés au dieu « Tu » selon la tradition orale, ont été bouleversés par les grands aménagements de la Mission catholique.

John Wilson découvrit ces îles en 1797 et leur donna le nom de l’amiral qui avait parrainé l’expédition du « Duff ». Entre 1834 et 1871, les Gambier furent évangélisés par les missionnaires catholiques.

La parution du récit de BEECHEY attira des navires de commerce basés à Tahiti et à Valparaiso. Les habitants de Mangareva pouvaient donner en paiement des marchandises apportées par ces navires, les nacres de belle qualité qui abondaient dans le vaste lagon. Puisqu’elle n’était pas encore évangélisée, Mangareva fut choisie en 1834 par la congrégation des Sacrés cœurs comme base pour établir la première mission catholique en Polynésie orientale.

L’évêque et les huit prêtres, frères et laïcs, qui s’installèrent à Mangareva en 1834-1835 étaient tous très jeunes. Ils réussirent en trois ans à convertir et à baptiser tous les habitants, lesquels détruisirent ensuite leurs marae.

Le port de vêtements européens, même sales et déchirés, fut dès lors jugé préférable à la nudité simple mais considérée immorale qui prévalait aux « temps païens ». De nouvelles lois, réunies en un code mangarévien, inspirées des dix commandements et du code Napoléon, furent imposées aux insulaires. Les missionnaires s’efforcèrent aussi d’inculquer les valeurs des peuples dits industrieux de l’Europe aux habitants des îles.

Tandis que les femmes, sous l’égide des frères laïcs, apprenaient à cultiver le coton, à filer et à tisser dans dix ateliers disséminés à travers l’archipel, les hommes étaient initiés aux métiers de maçon et de charpentier et ils apprenaient à fabriquer la chaux, nécessaire à la construction d’églises solides, en brûlant du corail.

Le commerce avec le monde extérieur entraîna l’introduction de maladies. L’hygiène fit dangereusement défaut dans les ateliers et les nouvelles cases en dur, de modèle européen, remplacèrent les anciennes cases. Personne n’ayant plus le temps de cultiver et d’aller à la pêche, la farine, le riz et les haricots secs remplacèrent rapidement les légumes frais et le poisson.

Avec le déboisement général, dû à la demande excessive de bois pour la cuisson de la chaux, les rivières et les sources tarirent. Les maladies se répandirent et les enterrements devinrent presque quotidiens. Lorsque le dernier bâtiment religieux, l’imposante cathédrale Saint Michel de Rikitea fut terminée en août 1841, l’archipel ne comptait plus que 2000 personnes, contre le double dix ans plus tôt. Cette situation changea brusquement en 1870, après la chute de Napoléon III et l’instauration de la IIIè République.

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Père Honoré Laval (crédit photo BCI. HC)


Un rapport très critique sur la théocratie des îles Gambier entraîna la disgrâce du père Laval et son exil à Tahiti. Dès lors, le commissaire de la République, Isidore Chessé, obtint facilement des chefs mangaréviens qu’ils acceptent l’annexion des îles Gambier par la France, la tutelle de l’administration leur semblant préférable à celle de l’Eglise.

Un colossal programme de constructions commença en 1900. 116 édifices ont pu être recensés : églises, chapelles, couvent, établissements d’enseignement, filatures, ateliers de tissage, fours à pain, auxquels s’ajoutaient les puits et des chaussées empierrées.

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Paysage historique : Eglise Saint-Raphaël de Aukena - Arcade couvent de Rouru-Notre dame de Paix à Akamaru (crédit photo BCI. HC)


La réalisation des bâtiments est prodigieuse si l’on prend en compte les outils rudimentaires dont disposaient leurs bâtisseurs, la difficulté d’extraction du corail et du basalte et le fait que tout cela ait été fait à bras d’homme, sans aucun concours mécanique.