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La maison de CHARLES NORDHOFF 1887-1947

Joany Hapaitahaa, historienne du Service de la culture et du patrimoine nous présente la maison NORDHOFF.

- BIOGRAPHIE ET OUVRAGES LITTERAIRES DE CHARLES NORDHOFF

Charles Nordhoff est né à Londres (GB) en 1887. En 1889, ses parents repartent pour les Etats-Unis d’où ils sont natifs et s’installent à partir de 1898 en Californie. En 1902, un journal publie un article du jeune Nordhoff, ce sont les prémices de ses talents d’écrivain. Diplômé de Harvard à 22 ans, il travaille pour son père dans les différentes usines qui lui appartiennent.

Lorsque la Première Guerre Mondiale éclate, Nordhoff s’engage deux années plus tard auprès du service des ambulances qui le fait partir en France, où il devient pilote de l’escadrille Lafayette avec un certain James Norman Hall.
La guerre terminée, Nordhoff reste sur Paris où il travaillera comme journaliste. Il y rédige son premier ouvrage. En 1919, James Norman Hall et Charles Nordhoff doivent rédiger un ouvrage commun sur l’histoire de l’escadrille Lafayette. Une année plus tard, le Lafayette flying corps est publié.

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L’entrée de la maison

Les deux hommes rentrent ensuite ensemble sur les Etats-Unis où ils partagent une maison en location. Ils sont contactés par le magazine Harper pour rédiger des articles de voyage sur le Pacifique Sud. Ils s’installent à Tahiti et en 1920, leur second ouvrage Faery, terres des mers du Sud voit le jour sous la forme de feuilleton dans le magazine Harper.

En 1920 C. Nordhoff épouse Vahinetua a te Ara a Tamata dont il aura six enfants. En 1928, il rédige l’Epave. Il rapportera aussi de son séjour aux Etats-Unis deux tortues des Galápagos qui lui sont offertes par le Gouverneur de Pennsylvanie, Pinchot. Dix années plus tard, il fera don de ses tortues aux Musée de Tahiti et des Iles situés à Papeete. Ces tortues sont aujourd’hui au jardin botanique de Papeari.

Vue de l'extérieur (façades sud et est)

En 1930 Nordhoff et Hall se consacre à la trilogie de la Bounty, Les révoltés du Bounty en 1932, Les hommes contre la mer en 1933 et Pitcairn’s island en 1934. En 1936, ils rédigent l’Ouragan. Cette même année, le 21 août, Charles Nordhoff divorce de Vahinetua. Il rentre aux Etats-Unis en 1938 et en 1941, il épouse en secondes noces, Laura Grainger Whiley.

Le 10 avril 1947, Charles Nordhoff décède à l’âge de 60ans dans son domicile de Montecito en Californie.

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Le salon

- LA MAISON NORDHOFF

C’est sans nul doute dans les années 1920 que cette demeure de style coloniale est érigée en plein cœur de Papeete entre l’actuelle rue de l’Artémise et celle de la Vénus, faisant ainsi face à l’Institut Louis Malardé. Il semblerait que trois autres maisons similaires appartenant à des propriétaires privés auraient été construites aux alentours. Aujourd’hui, ne subsiste plus que la maison Nordhoff.

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Vue en hauteur (de L’ILM)

Cette propriété appartenant à Madame Jessie Lantereis est aujourd’hui celle de Monsieur Kitty Salmon, son neveu, qui l’a mise en location. Monsieur Gillet, l’actuel occupant de la maison est très sensible à l’histoire de cette demeure.
A l’instar de son ancien propriétaire Charles Nordhoff, il semblerait que l’écriture, l’inspiration soit de mise à l’intérieur.

D’une surface d’environ 100 m², cette demeure montée sur pilotis en raison de l’instabilité du terrain comprend cinq pièces : un salon, une salle de bain qui a depuis été ré-agencé, une cuisine et deux chambres contiguës.

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Plan shématique de la maison Nordhoff

La structure de la maison est particulière, on parle d’assemblage de matériaux en l’occurrence de bois de pin qui tapissent les murs mais aussi le dallage. La toiture deux pentes en tôle ondulée de couleur rouge est d’origine, elle n’est pas isolée, d’où sans nul doute le fait que la hauteur du plafonnage latté soit de 2.90m, permettant ainsi une aération maximum et une protection de la bâtisse contre des intempéries ou coups de vent violent.

La bâtisse a subi peu de réaménagements. Les fenêtres ont été remplacées par des louvres, des extensions ont même été posées à l’extérieur, une annexe où jadis une petite cour existait a été rajoutée à l’arrière, la salle de bain initiale a été démolie faisant aujourd’hui un espace plus grand à la cuisine.
Pour sa part, l’escalier composé de quatre marches de la porte d’entrée, ne comprend plus que trois marches ce qui démontre l’affaissement ou le tassement de sol.

La maison est dans l’ensemble en bon état de conservation. Cependant, il faut noter la fragilité du dallage latté ainsi que les murs qui semblent mités dans les recoins. Il faut toutefois préciser que cette demeure a plus de quatre vingt dix années d’existence et que de manière générale, son aspect d’antan est le même. Si la maison a été toilettée de plusieurs couches successives de peintures, il n’en demeure pas moins que l’aspect et le cachet de celle-ci demeure inchangé.

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Fenêtres et auvents

Charles Nordhoff aura vécu dix huit années dans cette demeure auprès de son épouse et ses enfants. Il y aura rédigé nombreuses de ses œuvres communes avec James Norman Hall. Cette bâtisse est le témoignage direct du Papeete d’antan, d’une capitale qui aura au final accueilli nombres d‘écrivains, de peintres qui auront su s’inspirer d’elle pour fournir écrits, œuvres d’arts.

La maison de Charles Nordhoff sera détruite prochainement, un immeuble de cinq étages y sera érigé, l’urbanisation galopante ainsi qu’une population sans cesse croissante de la capitale sont les maîtres mots du développement malheureusement.