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La culture est devant nous (Hiro’a n° 24 - Septembre 2009)


Le Service est en charge du rayonnement des langues polynésiennes, de la protection du patrimoine légendaire, archéologique et historique, du développement culturel et artistique ainsi que de l’élaboration de la réglementation dans les domaines entrant dans ses missions. Le monde bouge, change sans cesse et forcément notre culture est, à l’instar de toutes les cultures du monde, en mouvement
perpétuel.

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■ Martine Rattinassamy pour Teddy Tehei, Chef du Service de la Culture et du Patrimoine

« Le Service est en charge du rayonnement des langues polynésiennes, de la protection du patrimoine légendaire, archéologique et historique, du développement culturel et artistique ainsi que de l’élaboration de la réglementation dans les domaines entrant dans ses missions. Le monde bouge, change sans cesse et forcément notre culture est, à l’instar de toutes les cultures du monde, en mouvement
perpétuel. Le temps ou de nos ancêtres n’est plus tout à fait le nôtre ; pour la plupart, nous ne vivons plus forcément au rythme du lever de l’Etoile du matin, Taurua horo ’a’ahiata de l’éclosion du Tiare Tahiti !

Mais si la culture évolue, elle reste toujours notre socle immuable qui s’appuie sur trois éléments fondamentaux : la terre, les hommes, la langue et les valeurs ancestrales qu’elle véhicule. Comment préserver notre culture ? Prenons l’exemple des langues. En 2009, l’Unesco a recensé 2 500 langues en péril sur les 6 000 langues utilisées dans le monde, contre 900 en 2001. Il est primordial, si nous n’entendons pas alimenter, à notre tour, ces statistiques inquiétantes, de renforcer l’apprentissage des langues par tous les moyens de diffusion actuellement disponibles. Si nous n’accordons pas davantage de place aux savoirs culturels traditionnels, nos enfants se tourneront inéluctablement vers ce qui vient de l’extérieur. Chacun d’entre nous porte cette responsabilité, s’agissant d’un patrimoine commun.

La force de notre culture vient de ses systèmes de savoirs traditionnels ; qu’il s’agisse de pratiques médicinales, artisanales, agricoles ou de pêche, de musique ou d’activités artistiques en général, mais aussi de développement touristique… Envisagée sous cet angle, la culture est la première ressource de notre Pays et l’un des placements parmi les plus sûrs pour l’avenir de notre Fenua. Cette force nous a été transmise par nos ancêtres, qui nous ont légué des connaissances, des savoirs et beaucoup de personnes se lèvent aujourd’hui pour que la tresse de la transmission ne se brise pas. Les jeunes générations attendent leur apprentissage, leurs rites de passage pour rentrer dans ce nouveau monde forts de ces acquis. Nous ne pouvons pas parler de développement de notre Pays sans installer la culture à sa juste place, en tant que fondation de notre devenir… L’empreinte du passé, à travers les traditions orales, l’archéologie, l’histoire, permet de construire l’avenir. Aurora Natua aimait à citer ce proverbe : « Oublier ses ancêtres, c’est être un ruisseau sans source, un arbre sans racines ».

- La culture est devant nous - interview du chef de service Monsieur Teddy TEHEI (à télécharger)