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Le fonds sonore du service de la culture en voie de diffusion (Hiro’a n° 19 - Mars 2009)



Rencontre avec Martine Rattinassamy, responsable du centre de documentation du Service de la Culture et du Patrimoine

En 2002, le Service de la Culture et du Patrimoine (SCP) a mis en place un centre de documentation afin de gérer les différents fonds patrimoniaux en sa possession. Parmi ces derniers figure un fonds sonore, issu en partie de copies de documents appartenant au Bishop Museum de Hawaii et de travaux de recueils ethnographiques de l’ancien Département « Traditions Orales » du Centre Polynésien des Sciences Humaines (CPSH). Si la consultation de ces documents sonores n’est pas encore d’actualité, le travail fourni par le centre de documentation prend le chemin de la diffusion.

Le fonds sonore du SCP

Dans les années 1980, le Département « Traditions Orales » du CPSH et le Département d’Anthropologie du Bishop Museum de Hawaii, sections Histoire orale et musicologie, ont convenu d’un programme de retour en Polynésie française de copies de documents audio intéressant le Pays et appartenant au Bishop Museum. Près de 200 bandes magnétiques regroupant des informations ethnographiques très variées (chants, légendes…) ont alors été rapatriées. Les copies et le transfert des bandes magnétiques ont été financés par le CPSH. Si, aujourd’hui, le Pays n’est pas détenteur des droits de ces enregistrements, ils ont néanmoins pu être sauvegardés. 141 heures ont ainsi été numérisées en 1999 par le Centre Polynésien des Sciences Humaines, en partenariat avec l’Institut de la Communication Audiovisuelle (ICA). Ce patrimoine audio fait désormais partie du fonds sonore du Service de la Culture et du Patrimoine.

Au cours de cette même décennie, le département « Traditions Orales » du CPSH a lancé un vaste Programme de Sauvegarde du Patrimoine Ethnographique plus connu sous le sigle PSPE. Ce travail de recueil regroupe aujourd’hui plus de 340 cassettes faisant référence à l’histoire et aux traditions des différents archipels. Depuis, bien d’autres enregistrements ont été réalisés et le fonds sonore du Service de la Culture et du Patrimoine rassemble désormais plus de 1225 cassettes audio. Toutes ne sont pas encore numérisées et restaurées, mais cette tâche fait partie des missions que le SCP compte mener à son terme.

Le rôle du Service de la Culture et du Patrimoine

Pour poursuivre cette mission de sauvegarde du patrimoine ethnographique au travers des travaux conduits par le CPSH et réussir à gérer les différents fonds acquis ou recueillis par lui, le SCP a créé en 2002 un centre de documentation. Les agents du Service ont commencé par classer et inventorier le fonds sonore puis ils ont procédé à l’informatisation des documents dans une base de données, courant 2004. Par la suite, des prestataires les ont numérisés et restaurés.

Près de 180 heures ont ainsi été sauvegardées entre 2004 et 2006. À l’heure actuelle, 27% du fonds est conservé, avec 335 cassettes restaurées représentant 252 heures de recueils ethnographiques. Ces documents sont sauvegardés sur CD, en deux exemplaires, et sur disque dur. À raison de cinq mois de ce travail de numérisation/restauration financé par an, il faudra attendre 2017 pour que la totalité du fonds soit ainsi conservée.
Pour compléter ce volet de copie sur supports numériques, les enregistrements audio, quasiment tous en langue vernaculaire (Tahitien, Marquisien, Pa’umotu, Tuhaa pae…), sont retranscrits à l’écrit. Ces transcriptions sont, contrairement aux supports audio, déjà consultables au Service de la Culture et du Patrimoine.

Les obstacles à la diffusion

La volonté du Service de faire que ces documents soient accessibles au grand public ne suffit pas à rendre la démarche effective. Beaucoup de données contrarient la faisabilité du projet. La première étant l’accord des personnes interviewées pour la diffusion de leurs paroles. À l’instar du droit à l’image, le droit à la diffusion d’un enregistrement audio doit faire l’objet d’une autorisation. Si certains auteurs ont pris soin d’apposer leur signature sur les lettres d’engagement, beaucoup d’entre eux ont limité la diffusion aux membres de leur famille et d’autres ont simplement refusé. Par ailleurs, les enregistrements originaux n’ayant pour l’heure pas tous été sauvegardés, il est indispensable de les préserver des manipulations, dans un principe de précaution.
Il faudra encore patienter avant que le Service de la Culture et du Patrimoine ne divulgue son fonds sonore. Entre respect des mémoires des personnes ressources aujourd’hui disparues et droit juridique, il reste encore du chemin à parcourir avant que chacun puisse y avoir accès, mais le centre de documentation y travaille.

Le Bishop Museum de Hawaii

Le Bernice Pauahi Bishop Museum de Hawaii a été fondé en 1889 par Charles Reed Bishop en l’honneur de sa défunte femme, la princesse Bernice Pauahi Paki, la dernière descendante de la famille royale Kamehameha. Le Musée compte de nombreuses collections d’art polynésien, notamment des fonds sonores, dont la Polynésie française a fait l’acquisition de copies dans les années 1980.

Infos pratiques :
- Le centre de documentation est ouvert au public du lundi au jeudi de 07h30 à 11h30 et de 12H30 à 15h30 et le vendredi de 07h30 à 11h30 et de 12H30 à 14h30
- Possibilité de faire jusqu’à 20 photocopies gratuites
- Pour tout renseignement, contacter le centre au 507 194

- Le fonds sonore du service de la culture en voie de diffusion (à télécharger)