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Le canon de la Tipaerui s’offre une seconde jeunesse (Hiro’a n° 18 - Février 2009)


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Rencontre avec Joany HAPAITAHAA, historienne au Service de la Culture et du Patrimoine

Le canon de la Tipaerui s’offre une seconde jeunesse

Hiro’a vous en a parlé dans les précédents numéros : en novembre dernier, un canon a été découvert à l’embouchure de la rivière de Tipaerui. Sorti depuis de son lit en vue de sa restauration, il a subi un premier traitement à la potasse le 5 janvier et est actuellement en attente d’une électrolyse.

Une mobilisation de moyens humains…
Les agents du parc à matériel de l’équipement, ceux du Service de la Culture et du Patrimoine, Robert Veccella, responsable du GRAN* et Véronique Mu, Conservatrice du Musée de Tahiti et des Iles ont participé à cette première étape du processus de restauration du canon. Il s’agissait de le nettoyer au moyen d’une solution à base d’hydroxyde de potassium, un métal alcalin blanc fortement corrosif qui est utilisé par les chimistes comme réactif. Il dissout toutes les matières animales et permettrait d’empêcher la dégradation rapide du canon.

… Et techniques
50 kilos de potasse ont été dilués dans 5m3 d’eau. Sept poubelles de 6,5 kilos et une de 4.5 kilos ont été nécessaires à l’obtention des 5 000 litres de produit sollicités et il aura fallu une demi-heure pour remplir la cuve (à l’aide d’un camion citerne du parc à matériel) jusqu’à immersion du canon.

Cette phase préliminaire débouchera sur la mise en place du procédé électrolytique, en avril. Une deuxième étape qui aura deux fonctions : éliminer les substances corrodant le fer et convertir des composés instables en composés stables. Cette seconde phase fera intervenir des personnalités compétentes de Nouvelle-Calédonie qui pourront à cette occasion former des ouvriers locaux.

* GRAN : Groupe de Recherche en Archéologie Navale

- Vous avez dit… ?
- Le KOH est la formule chimique de l’hydroxyde de potassium, plus communément appelé potasse caustique ou simplement potasse. C’est un composé chimique corrosif qui permet d’empêcher la dégradation du canon.
- L’électrolyse est une méthode qui permet de réaliser des réactions chimiques grâce à une activation électrique. Ici, elle a pour fonction d’éliminer les substances qui rongent le fer et dégradent rapidement le canon.

- Rétrospective
-  Le canon a été découvert pendant les travaux de construction de la troisième voie sur le front de mer de Papeete
-  Il mesure 2m95 de longueur (en excluant la « gueule »), pèse environ trois tonnes et ne porte aucune inscription.
-  Deux gros blocs de pierres, un boulet de 16 cm de diamètre et deux autres pièces attenantes ont aussi été découverts.
-  Le 20 novembre, le canon a été extrait de l’embouchure de la rivière de Tipaerui pour être placé dans une cuve d’eau douce dans le parc à matériel de l’Equipement.
-  Le 5 janvier, il a subi un premier traitement à l’hydroxyde de potassium. En avril est prévu un procédé électrolytique pour le débarrasser de toutes les substances le corrodant.
-  L’objectif, à terme, est de pouvoir l’exposer au public, à l’instar de l’ancre de Cook située au Musée de Tahiti et des Îles.

- Le canon de la Tipaerui s’offre une seconde jeunesse (à télécharger)